CAFÉ PHILO

Sommes-nous maîtres de notre destin  ?

C’est son destin ! Nous entendons souvent cette petite phrase fataliste face aux évènements que rencontre autrui.

Comment réagir face à cette injonction ?

Alors sommes-nous maîtres de notre destin ?

La question posée ce soir-là donne lieu à des échanges réconciliant ou opposant déterminisme et libre-arbitre. 

À chaque réponse donnée par l’un des participants, les idées fusent, leur brûlent les lèvres ou, au contraire, les met face à un dilemme qui les laissent sans voix.

Aussi les règles du jeu ont été édictées avant par Danielle et Othello, les deux animateurs qui en bons maîtres de séance tiennent les rennes d’une assemblée vite prise dans le feu de l’échange. La règle de lever la main pour prendre la parole se fait vite oublier… et la fougue et l’envie de s’exprimer reprend le dessus. 

Les cafés philo visent à élaborer une réflexion sans que les discussions dégénèrent en confrontations d’opinions. 

L’exercice est de répondre individuellement dans un premier temps, de choisir une position, et de l’argumenter d’une manière synthétique. En cas de difficulté, l’aide des autres participants est bienvenue. C’est la deuxième règle, celle d’écouter, de faire preuve de présence à l’autre pour l’aider à clarifier sa pensée…. Pas si facile que l’on croit de reformuler la pensée de l’autre…

Après cette expérience du dialogue philosophique, c’est l’apéro. L’émulation des idées se poursuit dans la bonne humeur, et chacun repart riche du regard des autres, peut-être même étonné d’avoir modifié son point de vue parmi une variété de possibilités et de nuances de réponses.

CAFÉ PHILO

Apéro philo “Le désir s’oppose-t-il à la sagesse ?”

Le désir est un concept complexe, qui suscite de nombreuses réflexions et interrogations. Est-il opposé à la sagesse, ou bien sont-ils complémentaires ? À l’occasion de l’apéro philo qui a réuni plus de 20 personnes, nous avons exploré différentes perspectives sur cette question.

Tout d’abord, il est important de reconnaître que le désir est inhérent à l’être humain. Nous sommes tous animés par le désir, qu’il soit conscient ou inconscient. Assouvir nos désirs et ressentir la frustration engendrée lorsque ceux-ci restent en suspens, fait partie intégrante de notre cheminement vers la sagesse.

Natacha soulève le fait que le désir peut être vu comme une échelle, avec différents niveaux. Il est également essentiel de distinguer le désir de la pulsion. Le désir peut être différé, il n’est pas nécessairement assouvi immédiatement.

Sarah, de son côté, aborde la question du désir pessimiste. Elle souligne que l’idée d’absence de désir peut être perçue de manière négative, et que la vie ne serait pas complète sans désir. Elle évoque par ailleurs le désir de justice, qui permet de faire avancer la société. Certains désirs sont souhaitables et d’autres, il vaut mieux les garder pour soi.

Adrien partage le point de vue selon lequel le désir peut ne pas toujours être assouvi. Il fait remarquer que le désir peut engendrer d’autres désirs et qu’il peut parfois devenir obsessionnel, cherchant sans cesse à revivre une première fois. Le désir peut combler, mais laisse toujours l’idée d’un manque.

Il est intéressant de noter que différer la réalisation du désir peut permettre de cultiver des vertus. Ce concept rejoint l’idée de l’hybris, qui est le fondement de la tragédie. L’hybris est souvent associée à la démesure et à une recherche excessive du désir.

Jose apporte un autre point de vue en affirmant que le désir extrême peut conduire à l’insatisfaction. Il estime que le désir doit être contrôlé et que la raison est l’outil nécessaire pour y parvenir. Néanmoins, il considère que le désir en soi est la vie, et que le contrôle et la maîtrise par la raison nous apportent une élévation.

Platon soutient que nous sommes toujours attirés par ce qui nous manque. Ce désir intense peut être impulsif, mais ceux qui sont alignés avec la sagesse apprennent à transformer cette force de motivation en une quête de connaissance. La sagesse est fréquemment associée à une attitude prudente et avisée, à une recherche de la juste mesure, à la voie du milieu. En occident, la sagesse est souvent égale à la quête de connaissances, tandis que dans d’autres cultures, elle peut être davantage liée à l’harmonie spirituelle.

Enfin, Épicure propose une classification des désirs en trois types. Les désirs naturels et nécessaires sont acceptables et doivent être satisfaits. Les désirs naturels, mais non nécessaires, comme les relations sociales, doivent être modérés. Enfin, les désirs non naturels, tels que la renommée ou le pouvoir, sont vains et doivent être évités.

En conclusion, il est clair que le désir et la sagesse sont étroitement liés. Le désir est une force qui peut nous pousser à nous élever et à atteindre de nouveaux objectifs. Cependant, il est important de trouver le juste équilibre et d’éviter l’excès. La sagesse consiste à canaliser nos désirs de manière avisée, en recherchant la juste mesure et en cultivant des vertus.