Archive de l'auteur

Mais qu’est-ce que c’est au juste ? 🧐

Ce sont 6 ateliers gratuits, mêlant théories 📖 , échanges 🤝 et pratiques 🤾‍♂️, qui nous permettent de nous rapprocher d’hommes et de femmes (fictifs ou historiques) vecteurs de sagesse dans l’optique d’intégrer quelques uns de leurs enseignements pour notre vie de tous les jours. 🕊

C’est aussi la possibilité de philosopher autrement, partager simplement, redonner du sens et de faire fleurir en nous, pour nous et pour le monde, le meilleure 💐

🗓 Les mercredis en juillets et août de 19h à 21h.

📍 Au 118 Rue Mouneyra – 33000 Bordeaux

👉 Inscription et détails : https://bit.ly/3QXdIlM

Maître Yoda – Retour

💫 Le 1er atelier des Philosophes à la Rescousse était sur le thème de Star Wars, et plus précisément de son personnage phare : Maître Yoda. Un personnage fictif qui puise pourtant son enseignement dans les traditions ancestrales de l’orient et des arts martiaux. 🥋

Le maître apparaît lorsque le disciple est prêt. Prêt à quoi ? À avancer sur la voie, le chemin, le « Do ». Mais qu’est-ce que la voie ? Il ne s’agit pas vraiment d’un objectif, d’un but défini. Aussi, une définition précise et hermétique ne pourrait que restreindre ce qu’elle implique, au niveau individuel ou collectif. 🛣

⚔️ Toutefois, à travers Maître Yoda, nous pouvons apercevoir un double mouvement, qui pourrait paraître antagoniste au premier regard. Yoddha signifie Guerrier en sanskrit. Il nous rappelle que l’Homme est incarné, qu’il a sa propre personnalité, ses propres limites (corporelles, émotionnelles …), ses propres ombres et qu’il doit pourtant agir dans le monde, accepter le combat. Pour agir librement, suivre ses aspirations réelles et profondes cachés dans les eaux mouvementés des désirs éphémères ; pour offrir humblement sa singularité au monde il devra dans le même temps, à l’image du moine, pratiquer la méditation, la contemplation et l’examen intérieur.

Un maître transmet à son apprenti une présence, un état d’esprit lui permettant de se libérer de ses émotions et d’agir avec maitrise, avec clairvoyance. L’élève (celui qui aspire à s’élever) affronte ses peurs, pratique la méditation (Dhyana en sanskrit) mais aussi cultive la plus grande des vertus : la compassion. Celle qui nous relie à l’humanité, à la nature, à la force. 💚

Celle qui permettra à Luke Skywalker (le marcheur des étoiles) de trouver son destin, de surpasser les épreuves et même d’avoir la force d’âme nécessaire pour transformer le cœur sombre du “père obscur“ afin que jaillisse à nouveau la lumière au sein de la galaxie. 🌈

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Hypatie –

  • Mercredi 13 juillet : Hypatie d’Alexandrie, philosophe, astronome et mathématicienne

Femme mathématicienne, astronome, philosophe, Hypatie est une figure emblématique des philosophes néoplatoniciens. Son nom est indissociable de la ville d’Alexandrie où elle vécut, et pour laquelle elle s’efforça de rester droite et vertueuse… jusqu’à préférer la mort au déshonneur. Partons à la rencontre d’une femme de l’an 300, résolument moderne, résolument engagée à transmettre des enseignements de sagesse face à la violence d’une époque en transition.

QUIZZ PHILO : Je suis philosophe, j’enseigne les mathématiques et l’astronomie, dans l’une des capitales occidentales. Je dispense un enseignement public aux frais de l’état, et je conseille même le préfet. Je suis :

– Cédric Villani

– Euclide

– Hypatie
– René Descartes

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Vendredi 3 juin s’est déroulé le dernier Café Philo de la saison 2021-2022, animé tout au long de l’année par Fabrice et Melvin.

« À quoi sert la culture ? » C’est la question qui a clôturé ces rencontres de réflexions, d’échanges et de partage. Nous avons pu ensemble, et avec la coordination minutieuse de Fabrice, tracer les contours de cette notion difficilement saisissable. En prenant soin de garder l’unanimité par la mise en concert de notre vision subjective au profit d’une vérité plus proche de l’universel. La représentation de la culture de chacun s’est vu enrichie. Notre regard s’est élargi grâce aux autres.

Qu’est-ce qu’on cultive ? Une terre, des plantes, de la nourriture, des outils, des vêtements, des livres, des peintures … Nous avons pu voir que la culture ce sont des pratiques collectives qui agissent sur la matière et la transforme au profit de la science et de l’art. Qu’il y a également des habitudes de la vie quotidienne qui vont impacter nos pratiques. C’est aussi une vision du monde, façonnée par l’environnement, l’Histoire et les choix de l’individu. Des mœurs (un code, une morale) et des valeurs qui érigent un État dans le sens platonicien.

Mais à quoi sert-elle ?  À l’image de ce que nous avons fait, la culture se cultive en soi et au sein d’un groupe. Elle est vivante et nous relie. Elle permet la cohésion ou l’organisation des individus. Elle sert à transmettre, autrement que par les gênes, pour survivre, s’enrichir et progresser. N’est-ce pas parce que nous étions cet animal inachevé et désemparé que nous avons développé cette incroyable capacité à faire culture, initiant ainsi une conscience plus fine des qualités morales qui vont au-delà de nos intérêts personnels ?

“La culture est l’héritage de la noblesse du monde“ André Malraux.

Il y aurait tant de choses à dire, et à rajouter aux apports et aux échanges de ce dernier atelier. La soirée s’est clôturée avec encore beaucoup de questions et l’envie de poursuivre ce moment privilégié d’échanges profonds. Merci à tous les participants et à tous les volontaires pour cette belle année riche de liens philosophiques.

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Il fallait être jeudi 19 mai à l’Athénée pour la conférence de Jean Staune sur le sujet ô combien glissant de « Dieu et la science ».

Pourquoi un tel sujet aujourd’hui, alors que nous vivons, événement unique dans l’histoire de l’humanité, une période désacralisée où la question du sacré et du spirituel ne préoccupe presque plus personne et conduit à la perte de sens ? Et que vient faire la science là-dedans ?

La raison est qu’après un XIX et un début de XXème siècle de la technologie toute conquérante et du mythe d’un progrès industriel qui allait rendre l’humanité heureuse, le monde s’est mis à douter. A revenir de cette idéologie de la science qui devait expliquer intégralement le cosmos et la vie sans faire appel à aucune croyance. Rappelons-nous la réponse que Simon de Laplace fit à Napoléon quand celui-ci lui demanda ce qu’il faisait de Dieu dans son rapport sur l’univers « Sire, je n’ai pas eu besoin de cette hypothèse ».

La science avait donc détrôné Dieu mais aujourd’hui, nombre de chercheurs sortent en partie de la seule explication matérialiste pour prospecter un autre paradigme et soupçonner que les réponses vont au-delà de ce que l’on peut peser, mesurer dans l’espace-temps.

Jean Staune dans cette conférence propose une tentative de reconstruction uniquement à partir du rationnel et de la science ! Bien sûr il est n’est pas question de donner des preuves de l’existence de Dieu (nom générique employé ici pour la commodité) mais de voir quel regard porte la science moderne sur des énigmes qui dépassent la raison.

Jean Staune nous a d’abord parlé de la physique quantique qui est très facétieuse puisque, telle une magicienne, elle fait apparaître une particule sous deux formes : une onde et une particule physique en même temps, comme si un lapin sortant du chapeau pouvait aussi être un chat si on le regardait autrement !

Puis Jean Staune a présenté l’intrication quantique qui est encore plus incroyable : des informations voyagent plus vite que la vitesse de la lumière d’une particule à une autre, mais pas dans un espace-temps car elles font ce prodige instantanément, c’est-à-dire sans vitesse. Expériences mesurées d’échange faites sur une distance de 1200km (et forcément avec aucune vitesse mesurée puisqu’il n’y en avait pas !).

D’autres mystères que nous citons seulement ici ont été avancés : la conscience humaine ; le problème de l’évolution ; les génies en mathématiques…

En conclusion, il y a un autre niveau de réalité, une autre profondeur du réel et le fort soupçon donc que le monde que l’on connait est la projection d’un monde plus secret. Un monde au-delà de l’espace-temps avec lequel l’homme est relié. Une nouvelle synthèse démontrée de manière magistrale par le conférencier est en train d’avoir lieu entre science et spiritualité.

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Pour célébrer le Jour de la Terre Mère l’association Nouvelle Acropole Bordeaux s’est installée place Camille-Jullian pour animer de nombreux stands et activités en hommage à notre belle planète.

Stand maquillage, création de boules à graines, dessins collectifs sur sol, déclamations de textes inspirants sur le thème de la nature, ramassage de déchets, œuvre artistique collective à partir de déchets recyclés ou ramassés le jour même : De nombreux ateliers qui ont attiré et émerveillé les passants, adultes comme enfants.

Pour rendre hommage à la Terre nourricière et se relier, à soi-même, à l’autre, et à la nature, les participants se sont aussi rejoints à plusieurs reprises autour d’une danse traditionnelle et collective. Un acte symbolique pour exprimer notre gratitude à celle qui nous porte. Ce fut également une manière de nous relier aux centaines d’écoles de philosophies pratiques à travers le monde qui ont réalisé la même danse en ce jour si particulier.

Cet événement a offert un moment privilégié pour se réunir, semer des graines d’espérance et participer, à notre humble échelle, à une évolution des consciences en faveur de la transition écologique. 

Enfin, ce fut une heureuse opportunité de mobilisation pour les membres de l’association qui s’y sont donné à cœur joie et qui ont su s’adapter face au flou et à l’incertitude venant des aléas de la météo. Une posture inspirante pour agir dans notre quotidien et envisager l’avenir avec confiance, toujours déterminer à le rendre plus beau.

Merci aux organisateurs et à tous les volontaires pour cette belle présence qui a permis de vivre, ensemble, la philosophie en action, dans la joie et la simplicité. Merci aux déclamateurs, aux dessinateurs, aux artistes, aux photographes, aux danseurs, aux animateurs. Merci à la municipalité de Bordeaux qui nous a accordé sa confiance pour investir cette magnifique place du centre-ville bordelais. 

Merci à ceux qui osent imaginer un monde nouveau, ceux qui incarnent partout dans le monde, avec compassion et amour, une alternative au fonctionnement mercantile de notre époque. Merci à la Fraternité, merci à la vie et merci à la Terre, mère de tous les êtres !

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« Je suis l’Oiseau Bénou, l’âme coeur de Ré, guide des Dieux dans la Douat. »

Le jeudi 7 avril 2022, la maison cantonale de la Bastide accueillait une conférence de Fernand Schwarz sur le thème de l’architecture sacrée des pyramides.

De manière originale, Fernand Schwarz a choisi de consacrer la majeure partie de la conférence à un mythe sans doute peu connu de la mythologie égyptienne, celui de l’Oiseau Bénou. Son histoire nous est notamment rapporté par des écrits figurants sur les parois des mausolées pharaoniques placées à l’intérieur des pyramides. Le Bénou est un oiseau ancestral sorti des eaux du chaos, le noun, lors de la création du monde par Atoum, ayant choisi comme perchoir primordial une butte dénommée le Benben, au sein de la cité antique d’Héliopolis. On le retrouve à l’origine symbolisé comme une bergeronnette puis en héron cendré, avant d’être introduit dans le monde greco romain par l’appellation « Phoenix » par Hérodote et Hésiode.

Le symbolisme du Bénou est multiple. Son étymologie signifie « celui qui se lève » ou « celui qui brille ». Il est le chemin de lumière sur les eaux reliant le cycle de la terre et le cycle du ciel. Le Bénou est en effet à la fois le symbole du soleil et accompagnateur de Râ lors de son passage d’ouest en est, et lors de ses luttes nocturnes contre Apophis, mais il apparait également comme étant le régulateur des crues et des inondations.

S’il est associé au Dieu Râ ou Rê, il est également associé à Osiris, divinité de l’au delà dont il revêt parfois la coiffe à savoir l’Atef. Le Bénou est en effet de le protecteur des défunts mais il symbolise également la renaissance éternelle. Le livre des morts nous apprend par exemple que le défunt souhaite pouvoir se transformer en Bénou. Il est également envisagé que la vie du Bénou fut d’une durée de 500 ans, à la suite de laquelle il mourrait puis renaissait, ceci de manière perpétuelle.

Quant au Benben, il possède une représentation cyclique, celui de la révolution ou encore du cycle de la vie. Il peut parfois être représenté par un oeuf et serait d’origine météorique. Les égyptiens le symboliseront par le pyramidion, objet conique placé au sommet et des pyramides.

La deuxième partie de la conférence était relative aux pyramides de l’Egypte, d’ailleurs dénommé anciennement Termora signifiant « la terre des pyramides » et à leur architecture sacrée. Au niveau de leur édification, le génie égyptien se reflète en outre par l’utilisation du ratio d’or. En prenant notamment l’exemple de la pyramide de Khéops, on constate que si l’on divise la longueur de sa pente par la moitié de la base, nous obtenons le chiffre d’or, à savoir 1,618. Plus encore, en prenant en compte la hauteur de la pyramide, il est obtenu un triangle d’or de Pythagore.

Sous un angle plus ésotérique, les pyramides était un lieu de transmutation pour l’âme du défunt. Ce dernier commençait son voyage par une voie sacrée suivie jusqu’au pied des pyramides où se déroulait un premier rituel : celui de réveiller les sens du défunt afin qu’ils soit conscient lors de son réveil dans l’au-delà. L’ascension reprenait ensuite par des couloirs ascendant au sein des pyramides, notamment jusqu’à la chambre du roi et la chambre de la reine, comportant chacun des aérations pointées en direction d’astres précis : Sirius, Orion ou encore la Petite Ourse. Il s’agissait de placer le défunt dans des conditions optimales pour son voyage dans l’eau delà, permettant l’ascension de son âme et sa renaissance spirituelle.

Comme nous le rappelle Fernand Schwarz, nous possédons tous tertre, un socle, sur lequel reposerait notre Bénou, notre âme éternelle. Les égyptiens accordait une place de premier rang au coeur, car cette transmutation n’était permise qu’à la condition d’avoir du coeur, au sens le plus noble du terme. C’est d’ailleurs la pesée fructueuse du coeur lors du jugement de l’âme qui permettait au Benou de reprendre son envol. Les égyptiens nous invitent alors à vivre en conscience avec notre coeur afin de permettre à notre âme de préserver son éclat. Gardons à l’esprit cet enseignement Amenemopet : « le coeur est don de Dieu, garde toi de le négliger. »


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Samedi 12 mars, à l’occasion de la journée internationale des femmes instaurée par l’UNESCO, s’est déroulé un atelier pratique autour des tapisseries de la Dame à la Licorne. Pensé et préparé par un groupe féminin de l’association Nouvelle Acropole Bordeaux cet atelier était une expérience concrète du parcours des 5 sens présentes sur les fabuleuses tapisseries.

Un parcours qui a éveillé nos papilles et notre curiosité. Quel message semble nous murmurer ces fabuleuses tapisseries de la Dame à la Licorne ? Cette œuvre d’art, dont la signification précise nous échappe encore, nous laisse seul avec nos interprétations. Qu’est-ce qu’elle nous évoque, cette Dame au regard toujours tourné vers l’intérieur ? Peut-être est-ce l’intention de l’œuvre : nous laisser découvrir par nous-même son sens. Se mettre sur la pointe des pieds pour que la connaissance se révèle à soi-même et par soi-même, tel le Lion et la Licorne sur la pointe de leurs pattes.

Répartis dans les locaux de l’Espace Mouneyra les intervenantes nous ont accompagné dans cette élévation, un sens à la fois, grâce aux douces vertus du silence et de l’écoute active :

Toucher du bout des doigts, avec délicatesse, et accepter d’être touché par ce qui nous traverse. Goûter avec douceur, sans gourmandise, aux plaisirs délicats des aliments. Sentir cette aspiration pour l’offrir aux autres. Écouter et tendre l’oreille à ce qui est inouïe, au concert harmonieux de la vie. Voir, se voir et percevoir en soi ce qu’il y a de plus grand, de plus noble, de plus haut.

Une traversée ascensionnelle ouvrant les portes au sens subtils de notre être, au sentiment délicat, à la générosité, à l’ouverture du cœur. Une voie qui nous libère de la pesanteur de l’ego pour peut-être, un jour, révéler notre véritable et seul désir : “À mon seul désir“, tel est le nom de cette 6ème tapisserie, énigmatique et mystérieuse. Après avoir parcouru le monde des sens, il est peut-être temps de transmettre d’âme à âme les perles de sagesses soigneusement rassemblées par le fil de notre conscience.

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Le vendredi 11 février 2022, une petite centaine de personnes ont participé, dans l’enceinte de la chaleureuse Maison Cantonale de La Bastide à Bordeaux, à une conférence basée sur les travaux du célèbre psychanalyste Carl Gustav JUNG, intitulée « Éveil intérieur et voie héroïque ». Cette conférence était animée par Laura Winckler, membre fondatrice de Nouvelle Acropole et spécialiste de l’œuvre de JUNG.

Doté d’une grande rigueur scientifique mais également d’une âme rêveuse et poétique, Carl Gustav JUNG figure dans le cercle restreint des éminents penseurs de l’inconscient humain, notamment au côté de Sigmund Freud dont il fut le disciple avant que des divergences théoriques viennent mettre un terme à leur relation.

En tant que psychanalyste, JUNG s’est penché sur la question du fonctionnement de l’être humain et de sa psyché qu’il décompose en quatre éléments. Le premier serait l’Ego qui se définit comme le siège de notre conscience et de nos perceptions, sentiments ou ressentis. Le second élément est la Persona qui s’apparente à une enveloppe, un masque que l’on revêt afin de se conformer aux exigences de la société. Vient ensuite la notion du Soi qui se traduit comme notre véritable identité existentielle, la totalité de notre être englobant le corps et l’esprit. Enfin, JUNG nous parle des Ombres que l’on peut relier à la notion de Ca de Sigmund Freud et qui sont décrites comme des facettes de notre personnalité que nous devons refouler car jugées immorales ou inacceptables pour la conscience.

En ce qui concerne le Soi, ce terme traduit l’idée que l’être humain ne saurait être réduit à un amas de composants biochimiques et qu’il existerait quelque chose de caché, d’imperceptible. Cette notion fait écho à l’idée d’âme immortelle de Platon avec laquelle nous devons rétablir un lien. Dans cette fin, Carl Gustav JUNG propose la voie de l’individuation afin de « devenir un être réellement individuel et, dans la mesure où nous entendons par individualité la forme de notre unicité la plus intime, notre unicité dernière et irrévocable »[1]. Plus qu’une réalisation de soi, il s’agit d’une véritable transmutation alchimiste. Transformer le plomb en or signifierait dans le cas présent nous libérer de nos conditionnements, triompher des faiblesses qui nous abaissent afin de nous élever et de nous accomplir. La voie de l’individuation est donc un cheminement vers un idéal, une quête nous menant à affronter les ombres qui nous diminuent et qui sont autant de gardiens des seuils de notre évolution. Un parcours initiatique, une voie héroïque.

Le héros nous dit Laura Winckler, est celui qui se redresse afin de permettre l’union entre la terre et le ciel. Il prend conscience de sa destinée sans la nier. C’est au long de ce parcours héroïque que vont s’éveiller les archétypes de l’inconscient collectif que JUNG définit comme étant des représentations, des types anciens voire originels, présents en chacun de nous de manière universelle. L’inconscient collectif puiserait en effet dans une bibliothèque de disponibilités psychiques existant sous la forme d’images virtuelles et archaïques, héritées notamment de l’expérience de nos ancêtres. Les archétypes qui s’éveillent dans le premier temps du périple sont ceux de l’Innocent, de l’Orphelin, du Guerrier et du Bienfaiteur. Ces quatre archétypes permettent de découvrir la réalité du monde et d’acquérir des compétences nécessaires telles que la confiance en soi, la discipline et la générosité.

Vient ensuite la seconde étape, celle de la Traversée, au cours de laquelle vont apparaître de nouveaux archétypes : celui du Chercheur (qui suis-je ? Où vais-je ? Développement de l’autonomie et de l’affirmation), du Destructeur (nécessité de se défaire de qui nous entrave, de nos illusions), de l’Amant (celui qui entrevoit son objectif et s’élance grâce à cette énergie d’amour) et du Créateur (résolution de l’épreuve, idée de réconciliation avec soi-même et de création de son soi).

Dans le troisième temps, celui de la sagesse, se pose la question de l’utilisation de notre expérience et du savoir acquis. Les quatre archétypes suivants sont ainsi le Gouvernant (celui qui prend son sens des responsabilités pour gouverner et pour faire régner la justice) ; le Mage (celui qui fait la liaison avec les forces de la nature) ; le Sage (celui qui se rapproche de la vérité) et enfin le Bouffon symbolisant la jubilation résultant de la prise de conscience des illusions qui nous entourent.

En ces temps de désenchantement et de perte de sens, la voie du héros apparaît comme un remède en ce qu’elle nous invite à rechercher la pleine réalisation de notre être au travers notamment de la réalisation d’un idéal. Cette voie nous permet également d’accomplir à notre échelle un geste en faveur du bien et du juste.  Il est certes tentant de se décourager en se disant que toute action réalisée à notre modeste échelle serait vaine mais tâchons de garder à l’esprit que les grandes flammes naissent de petites étincelles.

Si l’obscurité n’est que l’absence de lumière, le mal ne résulte-t-il pas de l’inaction des gens de biens ?
A l’instar d’un ciel nocturne, soyons ces étoiles qui brillent de mille feux et dont la candeur survit bien après leur disparition. D’ailleurs, les constellations ne nous montrent-elles pas la voie à l’aube du passage à l’ère du Verseau, signe zodiacal de l’individualité au service du collectif ? Citoyennes, citoyens, individuez-vous !


[1] C.G JUNG ; Dialectique du moi et de l’inconscient

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Après notre voyage dans l’imaginaire et l’épopée héroïque l’aventure s’est poursuivi ce mercredi 2 février, sur le thème “Mythologie et Philosophie“. Cette seconde conférence s’est orientée sur le parcours du héros et ses étapes clés, inspirées des travaux de Joseph Campbell et de Mircea Eliade.

Tableaux vivants, poésies, et mises en scène ont décorés ce moment atypique pour éclairer les riches enseignements de nos intervenants.

L’intention : sortir de l’ordinaire et de l’intellectualisme pour éveiller par l’image, le vécu et la poésie le héros présent en chacun. Comment ? En se levant, en se confrontant aux autres, en s’inspirant de nos images et de nos aspirations.

Les participants ont été invité à exprimer, non pas des ambitions professionnels et matérielles, mais leurs aspirations profondes : sauver les océans, mettre sur papiers ce qui est capté, être capable de matérialiser ses rêves, devenir plus léger… Autant d’aspirations qui nécessite de faire sortir en nous des ressources encore inexploitées.

L’apport théorique qui a suivi cette pratique simple et authentique nous a permis de mieux comprendre les 3 grandes étapes du parcours héroïque : Préparation – Traversée – Retour.

Animé par la nécessité qui s’éveil, on se prépare. C’est le début du parcours.
Pour continuer il faudra faire le pas, vaincre sa peur, accepter de faire la traversée. 
Accepter de se prendre des coûts, de découvrir ses limites, pour alors les repoussées. Accueillir les souffrances qui veulent nous submerger pour les transformer.
C’est un combat nous explique le conférencier, un combat intérieur.
Celle de nos forces lumineuses contre les ombres qui nous empêchent et qui veulent rentrer dans leur cocon douillet. Le héros, dans cette traversée se construit, il persévère, et par l’expérience gagne en lucidité et en habilité. Il apprend à se détacher du futile pour poursuivre sa quête et garder le cap vers son destin. Celui qui s’est lui-même donné.

Un grand merci aux participants pour leur courage et aux intervenants pour cet instant vivant, surprenant et impactant !

La suite de l’épopée continu cette semaine avec 2 rendez-vous à ne pas manquer :

Mercredi 9 février – Atelier Philo : L’allégorie de la caverne, de Platon à Matrix
19H à l’Espace Mouneyra – Tarif : 5 €

Vendredi 11 février – Conférence : Éveil intérieur et voie héroïque
Animée par Laura Winckler, spécialiste de Jung.
19H30 à la Maison Cantonale de la Bastide – Tarif : 10/8* € (*Tarif réduit)

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Vendredi 4 février nous avons échangé autour de la question « Les mythes rendent-ils compte d’une réalité ? ». Ce café philo est la 3ème activité du thème Mythologie et Philosophie. L’animateur après un tour de présentation nous a invité à fermer les yeux et prendre un temps de médiation en se concentrant sur notre respiration pour ensuite répondre à cette question : qu’est-ce qui nous a fait venir au thème de ce café philo ?

La première réponse à cette question nous a mené à échanger autour de la notion de mythe et de légende et de trouver un consensus sur leur signification : la légende est « ce qui doit être lu », le mythe serait fondateur, et porteur de transformation. Le mythe serait universel, admis par tous, avec une dimension transcendante et éducative.

Pour tous les participants présents, le mythe est bien porteur d’une réalité, mais de quelle réalité s’agit-il ?
L’échange autour de cette question s’est poursuivi bien après la fin du café philo qui s’est transformé en apéro philo !

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Mercredi 2 février 2022, les volontaires de Nouvelle Acropole Bordeaux ont fait une maraude auprès de ceux appelés « migrants ».
Pour Delphine, membre de l’association, c’est une première, elle suit timidement les habitués sous le pont proche de la rocade. Nous nous guidons dans la pénombre vers la lumière d’un feu. Et c’est autour de ce feu que la rencontre se fait. Avec le café partagé, les conversations s’engagent, on s’assoit, on discute « comme à la maison », car oui nous sommes invités chez eux.

Puis nous poursuivons notre chemin jusqu’au prochain feu dans une ambiance différente. Nous rencontrons un trio. La matrone nous donne les règles de la maison, « ici on ne laisse rien traîner par terre et on passe le balai ! ». Face à la barrière de la langue, les échanges se font avec les yeux, les mains, les mots.

Nous repartons avec l’impression de revenir de chez des amis, chez qui nous aurions été invités.

Et finalement, c’est quoi un « chez soi », ça commence où ?

Et si, dans nos maisons confortables, nous avions perdu de vue que la maison, c’est un foyer, un feu autour duquel se regroupent les hommes ?

Le foyer est dans le cœur de tous les hommes, essayons que le confort de notre foyer matériel n’étouffe pas le feu intérieur. C’est une leçon d’humilité d’avoir reçu cet enseignement lors de ces rencontres.

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