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Mercredi soir 6 décembre, à l’Athénée municipale, une conférence a été donnée pour l’anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme.
Que les hommes puissent avoir des droits sur toute la planète est un énorme progrès de civilisation même s’ils restent encore comme un idéal. Mais au moins ils existent, non en tant que texte juridique mais comme une proclamation. Pour juger d’un idéal, le critère est l’universalité ; un projet totalitaire exclut en confondant les intérêts particuliers et les intérêts universels. Les Droits de l’Homme nous invitent à nous rassembler plutôt qu’à nous diviser et en ce sens ils forment comme un substitut de religion au sens de « relier ». Les Droits de l’Homme sont un bien sacré qui met toute l’humanité d’accord sur un même principe.
Négliger de les commémorer, ne pas en parler à l’école, c’est les oublier en les tenant pour un vœu pieux mais négligeable. Les Droits de l’Homme sont notre patrimoine et peut-être un devoir à incarner…

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Comme chaque année, l’association Nouvelle Acropole a participé à la Journée Mondiale de la Philosophie promue par l’Unesco et a proposé, le jeudi 15 novembre 2018, des conférences-ateliers sur le thème de la Dignité, un peu partout en France.

Comme Socrate, qui descendait dans la rue pour questionner les passants, nous sommes allés à « l’Agora de Bordeaux », au marché des Capucins, pour interroger chacun sur ce qu’est la Dignité. Une vidéo des perles de sagesses recueillies a été diffusée le jeudi soir, devant une trentaine de personnes venue à l’Espace Mouneyra à Bordeaux pour l’occasion. Les nombreux témoignages sur le respect nous ont amené à nous questionner sur les nouvelles barbaries, de la nuit de la purge d’Halloween aux gilets jaunes, et sur la possibilité d’exprimer notre liberté en tant qu’individu, qui, s’il est autonome, est également un être de relation et un citoyen. Pour vivre ensemble dans un monde multiculturel, il est urgent d’accorder nos représentations de la dignité humaine.

Y’a t-il un principe universelle et invariable qui fonde la dignité humaine ? Si de nombreux philosophes, de Platon à Kant, ont posé le fondement de la dignité sur la pensée, la dignité ne peut être définie de manière purement rationnelle. Souvenons-nous d’Œdipe qui résout intellectuellement l’énigme du sphinx et qui n’arrive pas pour autant à percer le mystère de ses origines, à savoir qu’il est le fils de Laïos et de Jocaste. Il n’y parvient pas car l’homme est une idée invisible et impalpable, une énigme qui ne peut être posée rationnellement. Mais ce qui compte n’est pas de résoudre l’énigme, c’est de la vivre. Nous sommes l’énigme et l’essentiel n’est pas de trouver des réponses mais d’être en quête, d’avancer et de devenir. Devenir Homme. Etre l’énigme nous ouvre les portes de l’infini, du tout possible, en tant qu’Homme.

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Qui n’a pas voulu prendre part à l’aventure d’être un Chevalier de la Table Ronde ou une Dame du Lac ? Qui ne s’est pas vu enfant jouer à être un héros ou une héroïne après avoir lu un roman d‘aventures ? C’est que les contes ne sont pas faits pour rester dans les livres, ils sont faits pour éveiller nos âmes. Tel était le message que la conférencière avec une grande maîtrise et beaucoup de cœur, a fait passer au public ce vendredi 26 octobre à l’Espace Mouneyra.

Les mythes et légendes ont toujours servi notre imaginaire et cette aspiration à vivre notre vie comme des héros, avec la sagesse et le courage qui nous font défaut, pour affronter ne serait-ce que le circonstanciel de nos vies. Ce qui nous manque souvent pour se mettre en route est justement cette carence de l’imaginaire qui à un moment de notre vie nous a fait oublier nos rêves.

Les mythes ne sont certainement pas à prendre au pied de la lettre. Il faut voir ce qu’ils veulent nous dire pour entendre le message qu’ils délivrent. Celui qui va nous mettre en quête de ce qui est vraiment important : la recherche de la dignité, de se comporter en chevalier et en dame. Les personnages de la légende arthurienne ne sont pas lisses et sans défauts, c’est cela même qui les rend humains et accessibles pour nous servir de modèle. Ils nous montrent que même avec nos imperfections, notre timidité, notre peur, on peut quand même tenter quelque chose pour se perfectionner et devenir fiers de s’être mis en mouvement. Ce qui distingue Viviane, Morgane, Guenièvre, Arthur et Lancelot du reste des humains ne sont pas des pouvoirs surnaturels. Non, ce qui en fait des personnages d’exception, c’est leur choix de servir un idéal en organisant leur vie autour de celui-ci et alors forger les armes, de courage, de cœur et de vertu qui seront les alliées de leur quête.

Ce qu’on retrouve dans l’épopée plus récente d’Harry Potter : « Ce sont nos choix, Harry, qui montrent ce que nous sommes vraiment, beaucoup plus que nos aptitudes. »

A la clôture de la conférence, c’est autour de tables carrées que les convives se sont réunis pour un repas très goûteux.

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Les personnes qui ont assisté à cette conférence à l’Athénée jeudi 25 octobre n’en sont pas sorties comme elles sont arrivées : la magie du Petit Prince avait opéré, retransmise par le talent d’un orateur parlant le seul langage possible pour ce sujet : celui du cœur.

En effet, si le Petit Prince est le livre le plus traduit au monde après la Bible et toujours réédité, nombreux sont cependant ceux qui passent à côté du message transcendant qui y est délivré. A savoir la reconnexion vitale à l’innocence de l’enfance, ce qui est à la source de l’origine non souillée par le circonstanciel. Le Petit Prince est un enfant universel allant au-delà des particularismes, celui qui pose toujours des questions, celui qui s’émerveille et chante le monde. Le Petit Prince est le livre qui porte le mieux l’héritage de St-Exupéry. Quand le Petit Prince rencontre le pilote dans le désert avec son avion écrasé, il révèle  celui-ci à la vraie nature de lui-même en lui faisant découvrir sa voie intérieure et du coup en lui donnant une deuxième naissance.

Ce monde merveilleux de l’imaginaire et de la naïveté nous a été voilé par les poussières de la vie qui ont rendu la vitre opaque pour ne plus laisser passer qu’un jour étique. Le conférencier a donné au public les clés des serrures qu’il n’avait pas su ouvrir à la première lecture de ce chef d’œuvre et nul doute que les personnes présentes auront hâte en sortant de relire ou plutôt de lire pour la première fois cette étrange étoile filante qu’est le Petit Prince en ayant enfin les moyens de la suivre.

 

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Cette belle conférence donnée vendredi 19 octobre à l’Espace Mouneyra sur le grave sujet de la mort, sujet absent de nos jours de notre champ social et phénomène refoulé. En quoi ce regard bouddhiste peut-il nous être utile en tan qu’occidental ?
La relation à la mort fonde l’être humain et cette conscience de la mort nous demande de gérer ce que nous ne savons pas, et d’assumer dans sa vie ce mystère devenu si dérangeant dans notre société de plaisir, que nous l’évacuons.
« Qui n’a pas appris à mourir, n’est pas capable de vivre », nous souligne Thierry Adda
Le Bardo Thödol du bouddhisme tibétain décrit les états de conscience et les perceptions durant la période qui va de la mort à la renaissance. Dans cette tradition, il y a trois niveaux de réalité qui correspondent à trois niveaux de conscience. L’univers possède lui aussi ces trois niveaux. Les Bardos sont des états intermédiaires et la vie elle-même est un Bardo situé entre deux états de conscience. Si personne n’est sorti de cette conférence complètement rassurée quant au sujet de sa fin, nous avons pu aborder l’essence de la vie, selon le Bardo Todol!

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Beaucoup d’entre nous font partie d’une association, d’ordre politique, syndicaliste, religieuse, humanitaire dans l’idée d’une cause à faire entendre et qui peut passer par un combat à mener.

Différents degrés d’engagement donnent différentes implications de militance. Cela se traduit en termes de temps passé, de charge de travail sur le terrain, voire d’argent donné.
Il y a cependant des terrains de militance où, sans militer dans une asso, on est cependant actif 24h/24h. Des terrains où on se donne comme objectif ou résolution ou exercices de ne jamais salir la rue, de rester poli en toutes circonstances, d’afficher une bonne humeur, de voir les choses de manière positive, de s’interdire de critiquer, de ne pas s’énerver etc… la liste est sans fin. Et on ne lâche rien ! On se donne des petits défis par exemple, à tenir sur un jour, une semaine, un mois et qui vont orienter notre conscience et notre vigilance dans une direction pour apporter à soi et aux autres une amélioration.

Chaque soir, on peut se faire un petit bilan où on fait le point sur ce qu’on a tenu … ou pas, si on s’est laissé avoir par l’oubli ou si on est resté en connexion. Evidemment pour enclencher cette tâche, il faut d’abord vouloir quelque chose car c’est la condition sine qua none pour démarrer une procédure d’action.
Un exemple de militant du quotidien qui comme monsieur Jourdain le fait sans le savoir ? Le chien d’aveugle, entièrement dévoué à la personne et ne s’arrêtant même pas de son propre chef pour renifler, le service est sa motivation.

Le militantisme commence là où notre égoïsme s’arrête.

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Ulysse, le Seigneur des anneaux, Star Wars, le prisonnier de l’allégorie de la caverne de Platon qui se libère, Persée, le roi Arthur en quête du Graal sont des guerriers pacifiques nous dit la conférencière, Chloé!

Mais qu’est-ce que le guerrier pacifique, cet oxymore presque incompréhensible ?
C’est un homme, une femme, comme vous et moi, qui se pose tout un tas de question, qui parfois le noie. Mais il sort la tête de l’eau, et dis «Non ! Je peux !». Chacun des personnages qu’elle nous cite, dans leurs couleurs et leurs imaginaires sont en quête de sens, animés par des questions existentielles qu’ils tentent de résoudre pour eux-mêmes et pour le monde.

Ils tentent de maintenir l’équilibre de la force dans l’univers, de détruire l’anneau qui sépare les peuples, de se libérer de l’emprise des illusions, ils se lèvent chaque jour avec le sourire, ils regardent l’autre dans les yeux, ils œuvrent pour un monde meilleur… Ils sont « le changement qu’il aimerait voir dans le monde. »

Et toi ? Qui es-tu ? Comment te relies-tu aux autres ? Quel lien as-tu à l’univers ?
Au travers de pratique, la conférencière nous a conduit à l’intérieur de nous, où le silence règne. Puis les yeux dans les yeux nous avons rencontré l’autre. Et enfin nous avons tenté de découvrir un enseignement universel dans le vécu de notre journée tout juste terminée !!!

Merci Chloé, de nous rappeler qu’au quotidien nous sommes ou pouvons être des guerriers pacifiques !

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Plantes, animaux, humains, planète… tout ce qui vit est appelé à mourir. La mort est à la fois le contraire et le signe de la vie, sa première caractéristique. Chaque pulsée de sève ou battement de cœur consomme un peu de vie et d’énergie, et aura un jour une fin.

Ce saut dans le grand inconnu effraie à l’unanimité la société occidentale. Tant et si bien qu’il faudrait effacer la mort… Dans le récit de l’enfance de Siddhartha Gautama, le Bouddha, les malades étaient cachés à sa vue, loin des murs du palais afin d’éloigner de lui toute inquiétude métaphysique.

« Mourir fait partie de la vie. Et ceux qui ont peur de la mort sont aussi ceux qui ont peur de vivre. » Clark Gable

Les hommes s’appliquent aujourd’hui à éloigner toute vision de la mort, ou de ce qui s’en rapproche. La vieillesse est effacée à grand renfort de crèmes et de Photoshop.

Désormais, on ne voit un corps mort que dans les films et des journaux télévisés, quand jadis les défunts étaient veillés par les membres de la famille.

La Vie dans ce monde a une durée finie, c’est un appel à affiner ses priorités vers ce qui a le plus d’importance. Comme disait si finement Etty Hillesum, « sacrifier dès maintenant à la mort un morceau de cette vie, par peur de la mort et refus de l’accepter, c’est le meilleur moyen de ne garder qu’un pauvre petit bout de vie mutilée, méritant à peine le nom de vie. Cela semble un paradoxe : en excluant la mort de sa vie, on se prive d’une vie complète et en l’y accueillant on élargit et on enrichit sa vie. »

Rejeter l’idée de la mort, c’est comme faire perdre de l’importance à la vie, la mutiler en lissant tout par le bas. C’est se départir de notre motivation à donner du sens à ces jours comptés.

La jeunesse américaine, sous l’inspiration du rappeur Drake, aime crier YOLO (« You Only Live Once » – on ne vit qu’une fois) pour justifier les actes de jouissance immédiate (« Je roule ivre à 180km #yolo »). Par peur que cette vie finisse trop tôt, faudrait-il la sacrifier en courant sans cesse derrière toujours plus de sensations ? La finitude de la vie comme un appel à se repaitre de plaisirs au détriment de tout ? Augmenter la réalité, sans cesse et toujours plus, quitte à en perdre la saveur !
Etty Hillesum, pourtant en face à face avec la mort dans les camps de concentration, nous offre un autre point de vue. Elle nous souffle que c’est justement parce qu’on ne vit qu’une fois, que la vie prend du sens, un relief. Parce qu’elle est bornée – une naissance, une mort – elle est tangible.
Il est possible de lui donner une forme, une direction, de la modeler, d’en « faire quelque chose ». Il ne s’agit alors plus d’un bout de temps à passer dans des plaisirs, mais d’une matière, qui nous révèle à nous-mêmes en la travaillant. La mort enrichit la vie. Notre mortalité est une chance de vivre pleinement en faisant émerger et en devenant celui ou celle que nous sommes vraiment. Parce qu’on ne vit qu’une fois, assez de fuites en avant pour s’éviter soi-même ! « Ose devenir qui tu es ». Voilà un vrai #yolo. À chacun, il appartient de faire le choix de dépasser la mort en l’intégrant à sa vie.

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On chante volontiers !!! Comme ce mercredi après l’atelier de philosophie pratique de Nouvelle Acropole Bordeaux!

Le répertoire est large, allant de la chanson populaire à des choses plus intimistes. Il y en a pour tous les goûts, l’important est de se lâcher et de chanter en cœur (non, non, ce n’est pas une faute).
A la suite de quoi il se produit comme une magie en soi : chanter donne envie de continuer à le faire et on se surprend volontiers à faire trotter entre ses deux oreilles les airs qu’on vient ensemble de faire tourner à lunisson.
Retrouvons le plaisir de chanter, au besoin forçons-nous au début et ensuite, une fois ouvert le robinet, on ne voudra plus l’éteindre car chanter donne de la joie, et comme le rire, c’est communicatif!

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Autrement dit la science est-elle la seule manière de rendre compte du réel ? C’était le thème de la conférence donnée à l’Espace Mouneyra ce vendredi 28 septembre par un professeur agrégé de physique.
Qu’est-ce que le réel au juste ? Ce que je vois ? Ce que j’entends ? Ce qu’enregistre une caméra ou un magnétophone ? Sans doute en partie mais la partie n’est pas le tout. Un oiseau ne verra pas un arbre de la même manière qu’une chauve-souris et un chien entendra des sons au-delà de l’audition d’un homme. Un magnétophone enregistrera fidèlement une musique mais sera incapable d’en percevoir la beauté.

Alors? Y-a-t-il une possibilité pour que la science, un jour lointain, ayant mesuré et mis la totalité de l’univers en équation, puisse dire : le réel c’est cela, preuve mathématique à l’appui, et que vous soyez d’accord ou pas, c’est comme cela !

Certes, il y a des lois et des règles mais aussi des choses qu’on ne peut prévoir ni déterminer. C’est ce que dit la physique quantique, cette science de l’indéterminé qui en est un peu le paradoxe ! Il y a des probabilités mais aucune certitude absolue. Aucune chance de gagner le quinté dans l’ordre à chaque coup en appliquant une formule mathématique !
L’univers est extrêmement complexe et il semble que la notion de réel objectif soit étrangère à une vérité qui ne contiendrait aucun mystère. Sans compter que la science ne peut s’occuper que du « comment » du champ du visible et que seulement 5% du cosmos est de la matière, alors comment pourrait-elle atteindre le « pourquoi » ?

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