Conf Mai | Le rôle du maître intérieur dans les textes sacrés de l’Inde

Arjuna et Krishna : le maître intérieur au miroir de la Bhagavad-Gîtâ

Le jeudi 28 mai, une trentaine de personnes se sont retrouvées dans l’intimité de l’Espace Le Moulin, à Paris, pour une soirée d’une tout autre nature — moins conférence que rencontre, moins exposé que chemin partagé.

Un dialogue qui ne se tait jamais

Marie-France Latronche, indianiste, nous a introduits au cœur de la Bhagavad-Gîtâ à travers la figure d’Arjuna — l’homme qui doute, immobile sur son char, face à l’immensité de ce qui l’attend. À ses côtés, Krishna, non pas comme un dieu lointain, mais comme l’ami qui conduit, qui pose les bonnes questions, qui éclaire sans imposer.

Ce dialogue, vieux de plusieurs millénaires, sonnait étrangement familier dans la salle ce soir-là. Car c’est bien ce dialogue-là que chacun d’entre nous connaît : celui qui résonne en silence à chaque carrefour de nos vies.

Une atmosphère recueillie, propice à l’intériorité

Marie-France Latronche a su tisser avec finesse les fils de traditions diverses — le Daïmon grec, l’Atman védantique, le Qalb soufi — pour montrer que derrière leurs différences de forme, ces sagesses pointent vers la même réalité intérieure : il existe en chacun une voix qui guide, si l’on consent à l’écouter.

Se laisser accompagner sans être dominé

La question centrale de la soirée était aussi délicate que nécessaire : comment accueillir une voix intérieure qui éclaire, sans en faire un maître tyrannique ? Comment s’ouvrir à une sagesse plus grande que soi sans perdre le fil de qui l’on est ?

Arjuna et Krishna, dans ce cadre, sont devenus des miroirs — non des modèles à imiter, mais des figures dans lesquelles chacun pouvait reconnaître ses propres tensions, ses propres hésitations, et peut-être aussi sa propre liberté.

Une soirée dans l’esprit de Nouvelle Acropole

Cette rencontre incarnait bien ce que Nouvelle Acropole cherche à proposer : non pas des réponses toutes faites, mais un espace pour penser par soi-même, s’ancrer dans une tradition de sagesse tout en restant pleinement acteur de son propre chemin.

Merci à Marie-France Latronche pour la profondeur et la douceur de sa transmission, et à tous ceux qui ont fait de cette soirée un moment de réelle qualité humaine.

Conférence Mai 2026 | Helena Petrovna Blavatsy et le mystère des Quatre éléments

Les Quatre Éléments selon Blavatsky : une soirée qui a réuni une soixantaine de passionnés

Le mardi 19 mai dernier, l’Espace Le Moulin, niché au cœur du 5e arrondissement de Paris, a accueilli une soirée hors du commun. Près d’une soixantaine de personnes s’étaient rassemblées pour écouter Fernand Schwarz nous guider à travers la pensée d’Helena Petrovna Blavatsky et le mystère des Quatre Éléments.

Une salle rassemblée autour d’une question essentielle

Que cachent réellement la Terre, l’Eau, l’Air et le Feu ? Loin des définitions purement physiques que nous connaissons, c’est à une tout autre exploration que le public a été convié ce soir-là. Dans la salle pleine et attentive du 48 rue du Fer à Moulin, chacun était venu chercher quelque chose : une clé, un éclairage, ou simplement la confirmation que le monde visible n’est qu’une partie de la réalité.

Fernand Schwarz, passeur d’une sagesse oubliée

Conférencier et chercheur reconnu dans le domaine des traditions et de l’anthropologie des savoirs, Fernand Schwarz a su, une fois de plus, rendre accessible ce qui pourrait sembler hermétique. S’appuyant sur La Doctrine Secrète d’HPB, il a décrypté comment ces quatre piliers structurent non seulement l’univers, mais aussi notre propre constitution intérieure — physique, émotionnelle, mentale et spirituelle.

Car pour Blavatsky, les Éléments ne sont pas de simples matières. Ils sont les forces vives de la Nature, le souffle même de ce que les traditions ésotériques nomment l’Intelligence Cosmique.

Science, philosophie et tradition : un dialogue nécessaire

Ce qui a particulièrement frappé dans cette conférence, c’est la façon dont Fernand Schwarz a su tisser des ponts entre des univers souvent opposés : la rigueur scientifique, la profondeur philosophique et l’héritage des grandes traditions. La pensée de la plus grande occultiste du XIXe siècle y apparaît non pas comme une curiosité historique, mais comme une réponse vivante aux questions que notre époque se pose sur notre responsabilité dans le mouvement du monde.

Une invitation à l’éveil

Au fil de la soirée, une question s’est imposée, douce mais pressante : si les Éléments sont les expressions d’une Intelligence qui nous traverse, quelle est notre part dans ce grand mouvement ? Cette invitation à s’ouvrir à une perception élargie du monde a résonné dans la salle, laissant chacun repartir avec, peut-être, un regard légèrement différent sur la Terre qu’il foule, l’Air qu’il respire, l’Eau qu’il boit et le Feu qui l’anime.

Merci à tous ceux qui étaient présents ce soir-là, et à Fernand Schwarz pour cette transmission précieuse.

Conférence – Voyage au cœur de l’Homme

Conférence du mercredi 22 avril, à l’occasion du jour de la Terre Mère.

🌳 C’est une invitation au voyage intérieur que proposait Nathalie Juan, paysanne herboriste et cueilleuse sauvage, forte de quinze ans de vie au contact du vivant. Devant un public attentif, elle tisse une conférence à la fois poétique et profondément ancrée, requestionnant la place de l’être humain dans la nature.

Retrouver sa légitimité d’être

Tout commence par une image : fermer les yeux et remonter le fil de l’histoire, de notre cellule jusqu’au vieil arbre, pour redécouvrir que tout s’est créé en même temps. Nos cellules étaient là dès le début, coopérant pour vivre et grandir. À rebours du discours culpabilisant qui fait de l’humain un destructeur, Nathalie Juan propose de remettre l’homme au cœur du vivant, non pas comme prédateur, mais comme membre à part entière d’un tout qui s’essaie et s’expérimente sans cesse.

Cette légitimité d’être, une fois retrouvée, ouvre le droit d’agir.
Sortir de la culpabilité, c’est entrer dans le mouvement du vivant, et s’y mettre en danse.

La joie comme boussole

Au fil de la soirée, un mot est revenu comme un fil rouge : la joie. Non pas une joie naïve ou aveugle, mais une joie profonde qui nous met en mouvement. Faire le pari que la vie est belle, ce n’est pas être crédule, c’est choisir d’œuvrer pour plutôt que de lutter contre.

La beauté soigne le monde

« L’âme devient ce qu’elle contemple » : cette citation de Plotin invite à une véritable vigilance envers ce qu’on regarde, ce qu’on écoute et plus généralement ce qu’on accueille en soi. Chercher à voir la beauté, c’est un acte de soin, pour soi et pour le monde. Et si notre agitation intérieure contribuait, elle aussi, au dérèglement global ? Ralentir, apaiser nos âmes, devient alors une forme de responsabilité.

La soirée s’est achevée sur une action simple, humble, mais essentielle : celle de semer. On a planté une graine, mais c’est elle qui choisira, de pousser, ou pas… Apprendre à chérir, à prendre soin, à se laisser toucher par le végétal autant qu’à le toucher, voilà peut-être le chemin pour devenir, comme le disait Nathalie Juan, gardien(ne) de la terre et guerrier(e) de la paix.

Merci à tous les participants et à Nathalie pour ce temps suspendu, chaleureux et vivant.

Journée de la Terre

À l’occasion de la Journée de la Terre, Nouvelle Acropole Marseille a proposé un temps fort placé sous le signe du lien au vivant, de la réflexion et de l’expérience partagée.

Durant tout le week-end, différents temps ont permis d’explorer notre relation à la nature, non pas comme une simple ressource, mais comme un monde vivant auquel nous appartenons profondément. Le café-philo a ouvert un espace de dialogue autour de l’engagement collectif et de ce qu’il révèle de notre humanité. Le lendemain, la balade contée a invité les participants à ralentir, écouter et ressentir la nature autrement, à travers une approche sensible et poétique.

La fin de journée s’est poursuivie avec le vernissage d’une exposition photo, mettant en lumière le thème de l’ancrage et des racines invisibles qui donnent sens à nos vies. Enfin, la conférence-expérience autour du souffle a offert un moment particulièrement marquant, reliant corps, esprit et nature dans une approche à la fois intime et universelle.

Ces rencontres ont été l’occasion de partager des questionnements essentiels, de vivre des expériences inspirantes et de renforcer un sentiment d’appartenance au vivant.

Un grand merci à toutes celles et ceux qui ont participé à cette journée, contribuant par leur présence et leur engagement à faire de cet événement un moment riche de sens et d’humanité.

L’Hydrologie Régénérative et la Médecine Castor

Le jeudi 23 avril 2026, à l’occasion du festival Jour de la Terre Mère, l’Espace Mouneyra a accueilli une conférence inspirante animée par Simon Chanut et Joël Nayet. Devant une assemblée attentive d’une vingtaine de participants, les intervenants ont détaillé les principes de l’hydrologie régénérative, une approche cruciale face aux enjeux climatiques actuels.

Ralentir, Répartir, Infiltrer

Loin de la gestion traditionnelle qui cherche à évacuer l’eau le plus vite possible, l’hydrologie régénérative propose de redonner de la complexité aux cycles hydrologiques. Le concept de « médecine castor » a été au cœur des échanges : il s’agit de s’inspirer des ouvrages naturels de ce rongeur (barrages, zones humides) pour :

  • Freiner le ruissellement et lutter contre l’érosion.
  • Favoriser l’infiltration profonde vers les nappes phréatiques.
  • Créer des îlots de fraîcheur et des refuges pour la biodiversité.

Un nouveau regard sur le paysage

Simon Chanut et Joël Nayet ont insisté sur l’importance de l’observation du terrain. En imitant les processus biologiques, nous pouvons transformer des sols arides en éponges fertiles. Cette soirée a souligné l’urgence de passer d’une logique d’exploitation à une logique de soin des bassins versants.

Journée de la terre | conférence Marie Helene Straus | Le mystère des Kogis

Un autre soir, un autre lieu. Dans le 5e arrondissement de Paris, au cœur du tiers-lieu du Moulin, l’atmosphère est différente. Plus feutrée, presque enveloppante. Une exposition habille l’espace, des images et des livres prolongent déjà le propos avant même qu’il ne commence. Une soixantaine de personnes se sont déplacées pour cette deuxième étape du Festival de la Terre proposé par Nouvelle Acropole.

Avec Marie-Hélène Straus, il est question d’un peuple qui intrigue et fascine : les Kogis, en Colombie. Mais très vite, le regard change. Il ne s’agit pas d’un voyage exotique, ni d’un simple témoignage. Ce qui se joue est plus profond : une rencontre avec une autre manière d’habiter le monde.

Les Kogis vivent sans avoir rompu le lien avec la Terre. Cette idée, souvent évoquée, prend ici une densité particulière. À travers récits, images et explications, une cohérence apparaît : pour eux, la nature n’est pas un environnement extérieur, mais une réalité vivante avec laquelle il faut composer, dialoguer, et parfois se faire discret.

Ce qui frappe, c’est l’exigence de cette relation. Rien d’idéaliste ou de naïf. Leur manière de vivre repose sur une attention constante, une forme de responsabilité intérieure. Penser, agir, même ressentir, engage un équilibre plus vaste.

Dans la salle, l’écoute est silencieuse, presque recueillie. On sent que quelque chose déplace les repères habituels. Là où notre modernité sépare, classe et exploite, la vision Kogi relie et ordonne.

Le livre de Marie-Hélène, proposé à la fin de la rencontre, prolonge cette immersion. Il ne donne pas de réponses simples, mais ouvre des pistes. Comment retrouver, à notre échelle, une relation plus juste au vivant ? Comment réapprendre à habiter plutôt qu’à utiliser ?

Dans le cadre du festival, cette soirée apporte une tonalité singulière. Après l’exploration de sagesses anciennes et avant une réflexion critique sur notre économie, elle agit comme un point d’équilibre.

Un rappel discret : le vivant ne se pense pas seulement. Il se rencontre.

Emmanuelle

Journée de la terre | Conférence Christian Arnsperger | Au-delà du capitalisme

Un vendredi soir, dans le 11e arrondissement de Paris, une quarantaine de personnes se retrouvent dans les locaux de Nouvelle Acropole pour la troisième rencontre du Festival de la Terre. Après un détour par l’Égypte ancienne et la sagesse des Kogis, la soirée propose un retour frontal à notre présent : l’économie.

Avec Christian Arnsperger, le ton est donné dès le départ. Il ne s’agit pas d’analyser des mécanismes financiers ou de discuter de politiques publiques. Le point de départ est plus radical : la crise écologique actuelle ne peut pas être comprise uniquement comme une défaillance technique. Elle révèle une crise plus profonde, liée à notre manière de vivre, de désirer et de donner du sens à nos actions.

Au fil de la conférence, une idée s’impose : notre modèle économique ne repose pas seulement sur des règles ou des institutions, mais sur une forme de croyance implicite. La croissance et le profit ne sont pas seulement des objectifs, ils fonctionnent comme des promesses — celle d’une vie plus intense, plus accomplie. Or, cette promesse montre aujourd’hui ses limites, tant sur le plan écologique qu’humain.

Face à ce constat, Christian Arnsperger propose d’explorer une autre voie : une « économie des profondeurs ». L’expression peut surprendre, mais elle désigne un déplacement concret. Il ne s’agit plus seulement de transformer les structures économiques, mais d’interroger les motivations qui les soutiennent. Pourquoi produisons-nous ? De quoi avons-nous réellement besoin ? Qu’est-ce qu’une vie réussie ?

Cette approche relie économie, culture et transformation personnelle. Elle invite à repenser nos modes de vie, mais aussi les imaginaires qui les orientent.

Dans la salle, l’écoute est attentive. Les questions montrent un intérêt réel, mais aussi une forme de tension : si le changement est aussi intérieur qu’extérieur, alors il engage chacun.

En clôture du festival, cette conférence apporte une mise au point utile. Prendre soin du vivant ne relève pas seulement de choix écologiques. Cela suppose de revoir en profondeur notre manière d’habiter le monde.

Journée de la Terre | Conférence Thierry Janssen | Egypte le rêve d’une sagesse

Un soir d’avril, dans le 11e arrondissement de Paris, une soixantaine de personnes prennent place, presque en silence. Il y a cette qualité particulière des débuts de soirée où quelque chose est encore en suspens. On ne sait pas exactement ce que l’on vient chercher — une réponse, peut-être, ou simplement un peu de cohérence.

Puis Thierry Janssen commence à parler. Il ne propose pas une conférence au sens classique. Il ouvre un espace.
Un espace où la maladie n’est plus seulement un dysfonctionnement, mais une question. Où le soin ne se limite pas à réparer, mais invite à comprendre. Où l’être humain cesse d’être fragmenté.

Ce qui se dessine peu à peu, c’est une critique implicite de notre modernité : une époque qui sait analyser, découper, traiter — mais qui peine à relier. Corps d’un côté, esprit de l’autre. Individu séparé du monde : vivant réduit à une mécanique.

Face à cela, une autre vision apparaît.

L’Égypte ancienne, telle qu’il la convoque, n’est pas un décor ni une nostalgie. C’est une structure de pensée.
Un monde où tout est lié. Où l’être humain est traversé par des forces qu’il doit apprendre à équilibrer. Où vivre, c’est chercher une forme d’alignement.

Dans cette perspective, prendre soin du vivant ne commence pas à l’extérieur.
Cela commence par un travail plus discret, plus exigeant : remettre de l’ordre en soi.

Dans cette perspective, prendre soin du vivant ne commence pas à l’extérieur.
Cela commence par un travail plus discret, plus exigeant : remettre de l’ordre en soi.

Non pas un ordre rigide, mais un ajustement.

Une manière d’habiter sa propre vie avec plus de justesse.

Ce déplacement est dérangeant, presque. Car il retire les échappatoires faciles. Il ne s’agit plus seulement de dénoncer le monde ou de vouloir le réparer à grande échelle. Il s’agit de se transformer, soi.

Et c’est peut-être là que la soirée trouve sa force. Dans cette salle, il n’y avait pas seulement des auditeurs. Il y avait des visages attentifs, parfois troublés. Comme si chacun reconnaissait, à sa manière, quelque chose de déjà su mais rarement formulé.

Que le vivant n’est pas à maîtriser, mais à respecter.
Qu’il ne se soigne pas uniquement par des techniques, mais par une qualité de présence.
Et que cette présence commence en soi.

En quittant la salle, rien n’était résolu. Mais quelque chose avait bougé.

Presque imperceptiblement. Comme un léger déplacement intérieur — une direction plus qu’une réponse.

Emmanuelle

Conférence – Marc Aurèle et la citadelle intérieure face à l’incertitude

17 participants étaient réuni ce jeudi 2 avril, autour d’un thème central : celui de rester stable intérieurement dans un monde incertain.

La soirée a débuté par une scénette organisée par les jeunes de l’association. À la fois humoristique et profonde, cette animation artistique a introduit, de manière vivante et accessible aux enjeux du stoïcisme (et ce qu’il n’est pas).

À travers la figure de Marc Aurèle, empereur confronté à de multiples crises, la conférence a mis en lumière une philosophie résolument pratique. Le stoïcisme ne se limite pas à une réflexion théorique : il constitue un véritable art de vivre, fondé sur une distinction essentielle entre ce qui dépend de soi et ce qui ne dépend pas de soi.

Cette approche s’organise autour de trois disciplines fondamentales : le désir, l’action et le jugement. Ensemble, elles permettent de construire une “citadelle intérieure”, un espace de stabilité et de lucidité, capable de résister aux turbulences extérieures.

Loin de fuir les difficultés, la pensée stoïcienne invite à transformer les obstacles en opportunités de croissance. Dans cette perspective, l’incertitude devient une opportunité pour développer une force intérieure, proche du concept de l’antifragilité.

“Les arbres qui poussent dans des lieux abrités sont fragiles ; ceux qui sont exposés au vent deviennent plus solides.“ – Sénèque

La réflexion s’est prolongée le samedi lors d’un atelier pratique réunissant 10 participants, consacré à l’expérimentation concrète des disciplines stoïciennes. À travers des exercices autour du jugement, du désir et de l’action, chacun a pu explorer des outils applicables au quotidien pour cultiver discernement, engagement juste et sérénité face aux expériences vécus ou à venir.

Un temps riche, à la fois philosophique et convivial, qui a permis d’ancrer les enseignements stoïciens dans la pratique et dans le concret.

Conférence du 26 mars 2026 – Alexandra David-Néel, exploratrice de l’inconnu et de la conscience

Le jeudi 26 mars, une vingtaine de participants se sont réunis à l’Espace Mouneyra pour une conférence consacrée à Alexandra David-Néel, figure majeure de l’exploration et de la pensée spirituelle du XXe siècle.

Première femme occidentale à atteindre Lhassa en 1924 après un périple de plus de 2 000 km à pied à travers l’Himalaya, elle incarne une détermination hors du commun. Mais au-delà de cet exploit, la conférence a mis en lumière la profondeur de sa démarche intellectuelle et spirituelle.

À la croisée du rationalisme occidental et des traditions orientales, Alexandra David-Néel s’est attachée à rendre accessible la pensée bouddhiste, notamment à travers le concept d’interdépendance : rien n’existe de manière autonome, tout est le fruit de causes et de conditions.

Son approche se distingue par une véritable “science du mental”, fondée sur l’observation, la concentration et la maîtrise de soi. À travers des pratiques issues du bouddhisme tibétain, elle propose une exploration intérieure visant à dépasser les illusions de la perception et à accéder à une forme de lucidité et de sérénité.

La conférence a également souligné l’actualité de son message : dans un monde marqué par la dispersion et la surcharge d’informations, la discipline de l’attention apparaît comme un enjeu central.

Plus qu’un simple récit d’aventure, la vie d’Alexandra David-Néel nous rappelle que le véritable voyage est intérieur, et qu’il constitue une voie d’accès à une compréhension plus essentielle de soi et du monde.