Conférence du 26 mars 2026 – Alexandra David-Néel, exploratrice de l’inconnu et de la conscience

Le jeudi 26 mars, une vingtaine de participants se sont réunis à l’Espace Mouneyra pour une conférence consacrée à Alexandra David-Néel, figure majeure de l’exploration et de la pensée spirituelle du XXe siècle.

Première femme occidentale à atteindre Lhassa en 1924 après un périple de plus de 2 000 km à pied à travers l’Himalaya, elle incarne une détermination hors du commun. Mais au-delà de cet exploit, la conférence a mis en lumière la profondeur de sa démarche intellectuelle et spirituelle.

À la croisée du rationalisme occidental et des traditions orientales, Alexandra David-Néel s’est attachée à rendre accessible la pensée bouddhiste, notamment à travers le concept d’interdépendance : rien n’existe de manière autonome, tout est le fruit de causes et de conditions.

Son approche se distingue par une véritable “science du mental”, fondée sur l’observation, la concentration et la maîtrise de soi. À travers des pratiques issues du bouddhisme tibétain, elle propose une exploration intérieure visant à dépasser les illusions de la perception et à accéder à une forme de lucidité et de sérénité.

La conférence a également souligné l’actualité de son message : dans un monde marqué par la dispersion et la surcharge d’informations, la discipline de l’attention apparaît comme un enjeu central.

Plus qu’un simple récit d’aventure, la vie d’Alexandra David-Néel nous rappelle que le véritable voyage est intérieur, et qu’il constitue une voie d’accès à une compréhension plus essentielle de soi et du monde.

[ Conf 5 mars] Lao Tseu et Confucius – comment vivre sans se perdre ?

Une vingtaine de personnes se sont réunies à l’occasion du Nouvel An chinois pour une conférence de Jean-Pierre Ludwig consacrée à deux grandes figures de la pensée chinoise : Lao Zi et Confucius à Nouvelle Acropole Paris 15.

Dans un monde marqué par la fatigue morale, la fragilité du lien social et la perte de repères collectifs, la question posée était simple et exigeante : comment habiter le monde sans s’y perdre ?

La conférence a mis en tension deux manières d’entendre le Dao, la « Voie ». Chez Lao Zi, la sagesse consiste à s’accorder au mouvement profond de la nature, à agir sans forcer, dans une forme de retrait fécond. Chez Confucius, au contraire, la Voie se construit dans l’engagement : cultiver les vertus, restaurer les rites, assumer sa responsabilité dans l’ordre du monde.

Deux réponses différentes — parfois opposées — mais qui ouvrent une même interrogation : comment vivre avec justesse au cœur du monde.

Conference : Nagarjuna, et la voie de la vacuité

✨ Retour sur notre conférence du 12 février 2026 : Nagarjuna et la voie de la vacuité

Figure majeure du bouddhisme mahāyāna, Nagarjuna (IIe–IIIe siècle) demeure pourtant méconnu. Son enseignement, d’une actualité saisissante, éclaire notre rapport au monde, aux autres… et à nous-mêmes.

Au cœur de sa pensée : la vacuité (śūnyatā).

La vacuité n’est pas le néant : elle désigne l’absence d’existence propre des phénomènes. Les choses ne sont pas “rien”, elles existent en relation, par un jeu de causes et de conditions.

🌗 Comme le jour et la nuit : il fait nuit ici, jour ailleurs. À l’échelle de la Terre, les deux coexistent. Dans l’absolu, ni jour ni nuit existent en soi, seulement une relation entre la Terre et le Soleil.

Ainsi, rien n’existe indépendamment. Tout est tissu de relations.

Fondateur de l’école Madhyamaka, la « voie du milieu », Nagarjuna nous invite à dépasser les oppositions figées grâce au tétralemme (ni affirmation simple, ni négation simple). Une logique qui ne détruit pas le monde, mais nos illusions sur lui.

Deux niveaux de vérité se complètent :

• la vérité conventionnelle (celle du quotidien, où 2+2 = 4)

• la vérité ultime (où toute chose est vide d’essence propre)

Il s’agit donc pour nous, de ne pas confondre, ne pas opposer, mais d’articuler ces deux réalités.

🌱 Si les choses étaient pleines et fixes, rien ne pourrait devenir. La vacuité nous ouvre à l’espace du changement, et donc de la liberté. Dans notre vie quotidienne, cette notion nous invite à défaire les nœuds de nos conditionnements, puis retisser autrement, pour sortir des attachements, mais tendre vers des liens justes (liens à soi, liens aux autres, liens au monde et aux évènements).

Merci à toutes celles et ceux qui ont exploré cet horizon avec nous.

Conférence – Camus, l’engagement face à l’absurde

Mercredi 4 février, l’association Nouvelle Acropole Bordeaux proposait une soirée autour d’Albert Camus et de sa pensée. 17 participants ont suivis cette première conférence, du cycle “Les Penseurs du Réel“, avec une question brûlante en toile de fond : comment vivre lucidement dans un monde qui semble de plus en plus absurde ? 🌍

Chez Camus, l’absurde naît du choc entre notre soif de sens et le silence du monde. Face à cela, ce qu’il propose n’ait ni la fuite dans la foi, ni l’abandon au nihilisme : l’absurde devient un point de départ. De là émergent trois réponses : la révolte, la liberté et la passion.

Une philosophie de la vie nous est proposée, ancrée dans le concret, incarnée par la vie même de Camus : la pauvreté, la maladie, la guerre, l’engagement dans la Résistance… et ce choix radical de ne pas “s’économiser”, mais de vivre sans appel, intensément, jusqu’au bout. Sa mort accidentelle viendra, comme une ultime ironie, sceller cette cohérence.

La soirée a aussi mis en lumière les limites de la révolte : sans mesure, elle se transforme en barbarie. Camus nous rappelle cette boussole essentielle : « Un homme, ça s’empêche ».

Entre la posture de victime et celle de bourreau, il propose une troisième voie : tenir la tension, dire oui à la vie, sans nier ni l’homme ni le monde. Et comme Sisyphe, condamné à pousser éternellement son rocher, trouver dans la lucidité même, dans cet instant de conscience, une forme de joie farouche.

Dans une société qui comble sans cesse le vide par le bruit et la consommation, la question reste ouverte : oserons-nous créer le silence nécessaire pour passer de la contemplation à l’action ?

Conférence : les Écoles des Cathédrales, quel héritage pour demain ?

Le 28 janvier il y avait une conférence à Nouvelle Acropole Paris 11, autour d’un thème rare : réconcilier l’héritage français avec l’universel. Nous étions une quarantaine, réunis moins pour recevoir un savoir que pour rouvrir une question.

La conférence prenait appui sur les écoles des cathédrales comme matrices de pensée. On y rappelait qu’elles furent bien plus que des lieux d’apprentissage technique ou théologique. Elles formaient des êtres entiers, où la maîtrise du geste allait de pair avec une exigence intérieure. Apprendre, alors, signifiait à la fois savoir faire et savoir être.

Ce détour par le Moyen Âge n’avait rien de nostalgique. Il servait à éclairer notre présent. À l’heure où la technicité progresse plus vite que le sens, où l’efficacité tend à remplacer la compréhension, la question posée était simple et profonde : que transmettons-nous vraiment lorsque nous formons sans relier ?

Ce qui a marquée, c’est cette idée d’une éducation intégrale, capable de réconcilier les mains et l’esprit, l’enracinement et l’ouverture, le particulier et l’universel.

Conférence-débat sur le bouddhisme : une rencontre avec Lama Namgyal à Nouvelle Acropole Paris 11

En octobre 2025, l’école de philosophie Nouvelle Acropole a eu le plaisir d’accueillir Lama Namgyal, pour une conférence-débat sur le bouddhisme qui a rassemblé presque 100 personnes.

Cette rencontre a proposé un temps de réflexion, où la transmission d’une tradition ancienne s’est articulée avec des questions très actuelles, sans chercher à convaincre ni à convertir.

Lama namgyal, de nationalité française, a partagé un parcours singulier, marqué par trois retraites de trois ans au monastère du bost et par la réception des vœux monastiques auprès du seizième karmapa. Son intervention n’avait pas pour objet de présenter une voie spirituelle comme un modèle à suivre, mais de rendre perceptible une expérience humaine de discipline, de patience et de transformation intérieure.

A travers des exemples concrets et un langage accessible, il a permis au public d’entrer en contact avec la manière dont le bouddhisme tibétain pense l’attention, la conscience et le rapport au monde.

Pour nouvelle acropole, cette conférence illustre une dimension essentielle de sa démarche culturelle et philosophique. Il s’agit d’ouvrir des espaces où les grandes traditions peuvent être rencontrées sans être idéalisées, et où la rigueur de la réflexion ne se coupe pas de l’expérience vécue.

Accueillir une parole spirituelle dans ce cadre n’est ni une promesse de salut ni un retrait du monde, mais une responsabilité. Celle de transformer l’exigence intellectuelle en un lieu de maturation intérieure, sans repli sur soi ni confusion des registres.

Cette rencontre avec lama namgyal rappelle que la philosophie et les traditions de sagesse ne prennent sens que dans le dialogue partagé. elles ne vivent pas seulement dans l’étude, mais dans la confrontation respectueuse des expériences et des chemins.

En offrant cet espace, Nouvelle Acropole permet à chacun d’approfondir sa propre recherche de sens, librement, en lien avec le réel et avec les autres.

[conférence]Parler à l’âme – Jung et le monde des symboles

Le 4 novembre 2025, La salle était comble à Nouvelle Acropole Paris 15 pour écouter Jean-René, directeur de l’école de philosophie, explorer un territoire que chacun habite sans vraiment le connaître : celui des symboles et de l’âme.

La conférence, Parler à l’âme – Jung et le monde des symboles, s’est déroulée dans une atmosphère attentive, presque intime, où chacun semblait prêt à se laisser toucher plutôt qu’à simplement apprendre.

Jean-René a rappelé que les symboles ne sont pas des curiosités anciennes, mais des formes vivantes qui nous traversent et nous éclairent. Le monde moderne excelle dans l’analyse, mais il peine à entendre cette dimension plus profonde qui prend la parole dans nos rêves, nos intuitions ou nos blocages. Jung, en remettant les symboles au centre, a redonné un langage à ce qui travaille en nous sans toujours se laisser saisir.

L’idée d’un inconscient collectif a été abordée simplement, comme un terrain partagé où se retrouvent des images et des récits qui dépassent nos histoires individuelles. Les mythes y prennent place, non pour nous dicter une conduite, mais pour offrir des points d’orientation, comme si l’humanité avait laissé des balises pour ceux qui cherchent à se comprendre.

En quittant la salle, chacun semblait repartir avec un espace un peu plus vaste en soi, comme si les symboles avaient simplement demandé qu’on leur laisse une place pour continuer leur travail discret.

[Conférence] La Sagesse des peuples – Les kogis gardiens du coeur du monde

La salle s’est remplie d’une trentaine de personnes, venues pour entendre Marie-Hélène Strauss raconter ce que peu ont eu la chance de vivre : une rencontre intime avec les Kogis, ce peuple de la Sierra Nevada qui porte encore, envers et contre tout, un rapport au monde que nous avons presque oublié.

Le 19 novembre, à Nouvelle Acropole Paris 15, elle a déroulé le fil de son expérience personnelle. Les Kogis ne parlent pas de la Terre comme d’un décor ou d’une ressource : pour eux, chaque geste est un pacte, chaque lieu une mémoire, et le vivant un tissu qui exige qu’on réponde de ses actes.

Ce qui a frappé l’auditoire, ce n’est pas seulement la beauté de leur vision, mais la manière dont elle révèle nos angles morts. Leur sagesse ne s’érige pas en modèle, elle agit comme un miroir. Elle montre ce que devient une civilisation qui a perdu le sens du « pourquoi », et qui avance en croyant que le comment suffira à tout résoudre.

Ce soir-là, dans la simplicité d’une école de philosophie, les Kogis se sont invités entre nous.

Journée mondiale du volontariat à la Cour Pétral

Vendredi 5 décembre La Cour Pétral a célébré la Journée Mondiale du Volontariat. Elle a été réalisée en collaboration avec les Restos du Cœur. Cette journée a été marquée par la générosité des participants, membres de l’association Nouvelle Acropole et de l’association des Amis de la Cour Pétral. Ils sont nombreux à avoir répondu présents.

Grâce à leur engagement, un grand nombre de dons a pu être collecté comprenant des denrées alimentaires, des chocolats, des produits d’hygiène et même des jouets pour enfants.

Ces contributions vont permettre d’apporter un peu de réconfort à ceux qui en ont le plus besoin.

L’équipe des Restos du Cœur a chaleureusement remercié les volontaires de la Cour Pétral. Un partenariat de fait s’est déjà engagé entre les protagonistes depuis près de 3 ans.
Cet événement a rappelé l’importance de l’entr’aide et de la solidarité, valeurs essentielles dans notre société actuelle.

Conférence | L’aventure de la conscience : concentration et stabilité dans l’adversité par Thierry Adda

La quarantaine de personnes venues écouter Thierry Adda n’étaient pas de simples auditeurs en ce jeudi 15 octobre à Nouvelle Acropole Paris 5.

Thierry Adda a ouvert l’espace en rappelant que la plus grande aventure n’est ni celle des sommets ni celle des océans, mais celle qui commence lorsque l’on se retourne vers soi. Les Grecs l’appelaient metanoïa : un retournement du regard, un déplacement intérieur qui exige simplement que l’on reste éveillés. Dans un monde saturé d’urgences et de distractions, cette vigilance devient une forme de résistance. Refuser la dispersion, voir au-delà des apparences, décider par soi-même.

Cette rencontre a montré qu’il existe encore un désir réel de lucidité. Une quarantaine de personnes réunies, non pour s’évader, mais pour s’éveiller. Une petite veilleuse dans la nuit du présent, assez vive pour inviter à poursuivre le chemin.