Mardi 10 septembre, 80 personnes se sont retrouvées au centre ANABAB pour porter un nouveau regard sur Nietzsche.

Nietzsche a constaté la « mort de Dieu », c’est la fin de la domination de nos sociétés par les idéaux religieux, mais aussi, d’une manière plus générale, la fin des valeurs supérieurs pour orienter les comportements individuels et collectifs des hommes. Cet événement, dont la généalogie complexe nous renvoie dans la plus lointaine antiquité, a eu des conséquences immenses et souvent ignorés sur nos existences d’êtres humains au XXIe siècle. En nous tous habite le « dernier homme », comme Nietzsche aimons à le nommer, c’est-à-dire l’homme qui ne voit plus que lui-même dans l’éternelle succession des jours, qui a totalement renoncé à se surmonter lui-même, enfermé dans son confort et ses opinions simplistes, et qui n’en a même plus honte… Pour sortir du nihilisme, Nietzsche propose un nouvel idéal, celui du surhumain. « Surmonte toi toi-même, et deviens qui tu es ! » voilà la mot d’ordre qu’il a lancé par-delà les siècles. Avec le surhumain, Nietzsche ne nous encourage pas, comme beaucoup l’ont pensé, à dominer l’autre, mais à exercer d’abord notre propre puissance sur nous-mêmes pour sortir du dualisme qui nous empêche d’appréhender correctement le réel. Cesser d’opposer l’esprit au corps, la raison à l’intuition, la mort à la vie… Voir les contraires, non pas comme des opposés, mais comme des complémentaires : c’est la formule du « grand style » qui sied au surhumain !

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