Conference : Nagarjuna, et la voie de la vacuité

✨ Retour sur notre conférence du 12 février 2026 : Nagarjuna et la voie de la vacuité

Figure majeure du bouddhisme mahāyāna, Nagarjuna (IIe–IIIe siècle) demeure pourtant méconnu. Son enseignement, d’une actualité saisissante, éclaire notre rapport au monde, aux autres… et à nous-mêmes.

Au cœur de sa pensée : la vacuité (śūnyatā).

La vacuité n’est pas le néant : elle désigne l’absence d’existence propre des phénomènes. Les choses ne sont pas “rien”, elles existent en relation, par un jeu de causes et de conditions.

🌗 Comme le jour et la nuit : il fait nuit ici, jour ailleurs. À l’échelle de la Terre, les deux coexistent. Dans l’absolu, ni jour ni nuit existent en soi, seulement une relation entre la Terre et le Soleil.

Ainsi, rien n’existe indépendamment. Tout est tissu de relations.

Fondateur de l’école Madhyamaka, la « voie du milieu », Nagarjuna nous invite à dépasser les oppositions figées grâce au tétralemme (ni affirmation simple, ni négation simple). Une logique qui ne détruit pas le monde, mais nos illusions sur lui.

Deux niveaux de vérité se complètent :

• la vérité conventionnelle (celle du quotidien, où 2+2 = 4)

• la vérité ultime (où toute chose est vide d’essence propre)

Il s’agit donc pour nous, de ne pas confondre, ne pas opposer, mais d’articuler ces deux réalités.

🌱 Si les choses étaient pleines et fixes, rien ne pourrait devenir. La vacuité nous ouvre à l’espace du changement, et donc de la liberté. Dans notre vie quotidienne, cette notion nous invite à défaire les nœuds de nos conditionnements, puis retisser autrement, pour sortir des attachements, mais tendre vers des liens justes (liens à soi, liens aux autres, liens au monde et aux évènements).

Merci à toutes celles et ceux qui ont exploré cet horizon avec nous.

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