Journée de la terre | conférence Marie Helene Straus | Le mystère des Kogis
Un autre soir, un autre lieu. Dans le 5e arrondissement de Paris, au cœur du tiers-lieu du Moulin, l’atmosphère est différente. Plus feutrée, presque enveloppante. Une exposition habille l’espace, des images et des livres prolongent déjà le propos avant même qu’il ne commence. Une soixantaine de personnes se sont déplacées pour cette deuxième étape du Festival de la Terre proposé par Nouvelle Acropole.
Avec Marie-Hélène Straus, il est question d’un peuple qui intrigue et fascine : les Kogis, en Colombie. Mais très vite, le regard change. Il ne s’agit pas d’un voyage exotique, ni d’un simple témoignage. Ce qui se joue est plus profond : une rencontre avec une autre manière d’habiter le monde.
Les Kogis vivent sans avoir rompu le lien avec la Terre. Cette idée, souvent évoquée, prend ici une densité particulière. À travers récits, images et explications, une cohérence apparaît : pour eux, la nature n’est pas un environnement extérieur, mais une réalité vivante avec laquelle il faut composer, dialoguer, et parfois se faire discret.
Ce qui frappe, c’est l’exigence de cette relation. Rien d’idéaliste ou de naïf. Leur manière de vivre repose sur une attention constante, une forme de responsabilité intérieure. Penser, agir, même ressentir, engage un équilibre plus vaste.
Dans la salle, l’écoute est silencieuse, presque recueillie. On sent que quelque chose déplace les repères habituels. Là où notre modernité sépare, classe et exploite, la vision Kogi relie et ordonne.
Le livre de Marie-Hélène, proposé à la fin de la rencontre, prolonge cette immersion. Il ne donne pas de réponses simples, mais ouvre des pistes. Comment retrouver, à notre échelle, une relation plus juste au vivant ? Comment réapprendre à habiter plutôt qu’à utiliser ?
Dans le cadre du festival, cette soirée apporte une tonalité singulière. Après l’exploration de sagesses anciennes et avant une réflexion critique sur notre économie, elle agit comme un point d’équilibre.
Un rappel discret : le vivant ne se pense pas seulement. Il se rencontre.
Emmanuelle








