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Journée de la terre | Conférence Christian Arnsperger | Au-delà du capitalisme

Un vendredi soir, dans le 11e arrondissement de Paris, une quarantaine de personnes se retrouvent dans les locaux de Nouvelle Acropole pour la troisième rencontre du Festival de la Terre. Après un détour par l’Égypte ancienne et la sagesse des Kogis, la soirée propose un retour frontal à notre présent : l’économie.

Avec Christian Arnsperger, le ton est donné dès le départ. Il ne s’agit pas d’analyser des mécanismes financiers ou de discuter de politiques publiques. Le point de départ est plus radical : la crise écologique actuelle ne peut pas être comprise uniquement comme une défaillance technique. Elle révèle une crise plus profonde, liée à notre manière de vivre, de désirer et de donner du sens à nos actions.

Au fil de la conférence, une idée s’impose : notre modèle économique ne repose pas seulement sur des règles ou des institutions, mais sur une forme de croyance implicite. La croissance et le profit ne sont pas seulement des objectifs, ils fonctionnent comme des promesses — celle d’une vie plus intense, plus accomplie. Or, cette promesse montre aujourd’hui ses limites, tant sur le plan écologique qu’humain.

Face à ce constat, Christian Arnsperger propose d’explorer une autre voie : une « économie des profondeurs ». L’expression peut surprendre, mais elle désigne un déplacement concret. Il ne s’agit plus seulement de transformer les structures économiques, mais d’interroger les motivations qui les soutiennent. Pourquoi produisons-nous ? De quoi avons-nous réellement besoin ? Qu’est-ce qu’une vie réussie ?

Cette approche relie économie, culture et transformation personnelle. Elle invite à repenser nos modes de vie, mais aussi les imaginaires qui les orientent.

Dans la salle, l’écoute est attentive. Les questions montrent un intérêt réel, mais aussi une forme de tension : si le changement est aussi intérieur qu’extérieur, alors il engage chacun.

En clôture du festival, cette conférence apporte une mise au point utile. Prendre soin du vivant ne relève pas seulement de choix écologiques. Cela suppose de revoir en profondeur notre manière d’habiter le monde.

L’Âme de la France : entre identité et cultures

« Oui, les pays ont une âme. » Qu’entend-on par âme d’un pays et quelle serait celle de la France ? C’est à ce questionnement qu’a invité l’écrivain et anthropologue Fernand Schwarz à l’occasion d’une conférence dédiée à ce beau sujet. Le parterre des quelques 60 personnes de l’assistance ont ainsi remonté le temps, des origines nourricière et mystique de l’imaginaire français, en passant par ses figures symboliques (comme la Marianne) et ses personnages historiques. De Clovis à Philippe Auguste, de Jeanne d’Arc à Charles de Gaulle, ces personnalités ont chacune à leur manière incarné l’un des quatre aspects de l’âme de la France : tantôt martiale, mystique, tantôt politique et nourricière.

Fernand Schwarz a également rappelé les différents rythmes de structuration de l’ordre social. Il y a d’abord la culture et la tradition, ces normes sociales qui mettent de 100 à 1000 ans à se mettre en place. Viennent ensuite les institutions dont la mise en place requiert entre 10 et 100 ans. Le Code Civil en est un exemple. Arrivent en troisième temps les gouvernements, dont la durée de vie s’échelonne sur 5 à 10 ans. Puis arrive enfin le marché, dont la logique et le rythme sont présidé par l’instantané. « Quand la crise touche l’économie, insiste le conférencier, c’est qu’elle a d’abord touchée les plans précédents. »

Tout pays a sa géographie visible, ses industries et ses systèmes d’organisation. Tout pays a aussi sa manière bien à lui de voir les choses, et de se forger un certain type de pensée, une histoire de ses idées. Mais chaque pays a également une âme, comme un souffle qui l’anime. Cette âme relève d’une sensibilité particulière : c’est un un monde d’émotions puissant et coloré, entremêlé de certitudes partagées qui donne la vie et crée du lien. Oui, les pays ont une âme. Quelle est-l’identité de celle de la France ?