De Thalès à Einstein : l’émergence de la pensée scientifique.

Conférence

jeudi 19 novembre 19h30 – Centre ANABAB – Espace Lehena – Biarritz

De Thalès à Einstein : l’émergence de la pensée scientifique.

L’humanité n’est pas arrivée d’un coup à la compréhension scientifique du monde :il a fallu tâtonner dans bien des directions. La religion à tantôt accompagnée, tantôt rejetée. Comprendre cette trajectoire est essentiel pour se préparer au monde de demain.

Animé par Fabien Amouroux, centralien et philosophe.

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Peut-on freiner le développement technologique de l’humanité ?

Café Philo

vendredi 13 novembre 19h30 – Centre ANABAB – Espace Lehena – Biarritz

Une soirée pour interroger notre rapport au progrès, entre fascination pour l’innovation, responsabilité éthique et nécessité de préserver l’humain face aux transformations du monde.

Animé par Fabien Amouroux, centralien et philosophe.

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LA PLUS BELLE MANIÈRE DE VIVRE

vendredi 6 novembre 19h30 Centre ANABAB – Espace Lehena – Biarritz

Décide-t-on de devenir celui que l’on est ? Rien n’est moins sur, et tant mieux !

l’existence nous révèle souvent un chemin plus vaste que nos propres projets. Apprendre à accueillir ce que la vie nous offre, c’est peut-être découvrir la plus belle manière de se réaliser.

Animée par Bertrand Vergely, agrégé et docteur en philosophie, écrivain.

Bertrand Vergely a enseigné à l’institut d’études politiques de Paris et à l’Université d’Orléans.

https://www.helloasso.com/associations/anabab/evenements/la-plus-belle-maniere-de-vivre

[Conférence ]« Ô Temps, suspends ton vol ! » : retour sur la soirée philo avec Thierry Adda

23 oct. 2026 ·

Le mercredi 14 octobre, une cinquantaine de personnes ont rempli l’Espace Le Moulin, dans le 5e arrondissement de Paris, pour écouter Thierry Adda. Au programme : une question que chacun se pose un jour ou l’autre, pourquoi le temps passe-t-il si vite ?

Le titre de la soirée empruntait son élan au célèbre poème de Lamartine, « Le Lac ». En 1820, le poète suppliait déjà : « Ô temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices, suspendez votre cours ! » Deux siècles plus tard, la prière n’a rien perdu de son actualité. Agendas saturés, notifications incessantes, sentiment diffus de courir après des heures qui nous échappent : la fuite du temps semble être devenue notre condition ordinaire.

Pendant une heure et demie, conférence et échange compris, Thierry Adda a proposé de prendre ce sentiment au sérieux, en le confrontant à la sagesse des Grecs anciens.

Sous le règne de Chronos

Premier constat : nous vivons sous le règne de Chronos. C’est le temps qui se compte, se mesure et s’égrène, celui des horloges et des échéances. Un temps linéaire et quantitatif, qui s’épuise à mesure qu’on le consomme.

Dans la mythologie grecque, Chronos est souvent associé, voire confondu, avec Cronos, le Titan qui dévore ses propres enfants. L’image est saisissante : le temps chronologique engloutit tout ce qu’il fait naître. Rien n’y échappe, ni les projets, ni les instants heureux, ni nous-mêmes.

Vécu de cette façon, le temps devient une ressource rare que l’on craint de manquer. D’où la hâte, l’accélération, la peur de « perdre son temps ». Et ce paradoxe bien connu : plus on cherche à en gagner, plus il semble filer entre nos doigts.

Aïon, l’autre visage du temps

La tradition grecque ne s’arrêtait pourtant pas à Chronos. Elle connaissait aussi Aïon, le dieu du temps éternel et créateur. Là où Chronos découpe et dévore, Aïon contient et engendre. On le représentait parfois au centre du cercle du zodiaque, ou entouré d’un serpent qui se mord la queue : un temps qui ne s’épuise pas, mais revient sur lui-même et se renouvelle.

Aïon n’est pas « beaucoup de temps » ni un temps infiniment long. C’est une autre qualité de durée, une plénitude qui échappe à la mesure. Platon, dans le Timée, décrit le temps comme « l’image mobile de l’éternité » : le temps qui passe serait le reflet, en mouvement, d’une réalité qui, elle, demeure.

Mettre en regard ces deux figures, c’est découvrir que notre rapport au temps n’est pas une fatalité. Nous ne sommes pas condamnés à Chronos : une autre expérience de la durée reste possible.

Perdre son temps, ou retrouver l’instant ?

Que signifie réellement « perdre son temps » ? Sous le règne de Chronos, l’expression désigne tout ce qui n’est pas productif. Mais on peut renverser la question : le temps n’est-il pas surtout perdu quand nous ne l’habitons pas, quand nous traversons nos journées sans y être vraiment présents ?

Les Anciens invitaient à cette présence. Sénèque ouvre ses Lettres à Lucilius par un conseil resté célèbre : se réapproprier son temps, car c’est le seul bien qui nous appartienne vraiment. Pour les stoïciens, seul le présent nous est donné ; le passé n’est plus, l’avenir n’est pas encore.

La conférence a aussi fait un détour par les sciences modernes. La physique a montré que le temps n’est pas l’absolu uniforme que l’on imaginait : depuis Einstein, sa mesure dépend de la vitesse et de la gravité. Notre expérience intérieure, elle, le prouve chaque jour : une heure d’attente n’a pas la même durée qu’une heure de passion. Le temps vécu se dilate ou se contracte selon la qualité de notre attention.

Sortir de la précipitation ne consiste donc pas à ralentir artificiellement, mais à retrouver une qualité d’être. C’est dans l’instant pleinement vécu qu’Aïon peut, un moment, percer à travers Chronos.

Un échange nourri

La conférence s’est prolongée par un temps de questions et de discussion avec le public. Chacun a pu confronter ces idées à sa propre expérience du quotidien, signe que le sujet touche au cœur de nos vies.

On ressort de cette soirée avec une conviction simple : le temps ne passe pas trop vite, c’est nous qui oublions parfois de le vivre. Lamartine demandait au temps de suspendre son vol. Les Grecs nous suggèrent une autre voie : apprendre, au cœur même de Chronos, à goûter un peu d’Aïon.

Les prochaines soirées

Cette conférence s’inscrivait dans le cycle « Mythes, Rêves et Mystères », proposé une à deux fois par mois par Nouvelle Acropole Paris 5e à l’Espace Le Moulin, 48 rue du Fer à Moulin. Ces soirées invitent à explorer des thèmes de philosophie et d’ésotérisme, à exercer son esprit critique et à nourrir son imagination.

Retrouvez le programme sur nouvelle-acropole.fr et nos conférences sur la chaîne YouTube Nouvelle Acropole France.

Conférence – IA V.S Sagesse Humaine

Qui a peur du grand méchant loup ?

L’IA qui n’en est encore qu’à son début de croissance est un facteur de fantasmes pour les uns et d’angoisse pour d’autres.

Est-elle consciente ? Va-t-elle vider des emplois ? Est-elle fiable ? Est-elle une menace existentielle pour l’humanité qui n’aura plus besoin de penser par elle-même ? Peut-on réellement la contrôler ?

Et qu’est-ce que notre relation à l’IA peut nous apprendre sur nous ? L’IA quelle que soit la question ne dit jamais « je ne sais pas », elle donne toujours des informations même floues parfois car c’est son job.

L’IA est complaisante et flatteuse : dans les échanges conversationnels elle évite les contradictions qui contrediraient nos croyances.

Qui pense qu’un jour l’IA sera plus sage qu’un être humain ?

Nous flottons dans l’inconnu, non pas face aux capacités de cette technologie qui va continuer à devenir toujours plus intelligente que nous, mais dans notre rapport éthique au nouveau dieu.

Cette conférence qui a séduit une trentaine de personnes s’est déroulée à l’Espace Mouneyra mercredi 30 septembre.

Un grand merci à tous pour votre participation.


Hommage à Marc de la Ménardière : continuer à faire vivre ses idées

La nouvelle du départ de Marc de la Ménardière vers l’autre rive de la Vie nous a profondément attristés.

Marc était de ces idéalistes qui avaient à cœur de vivre en accord avec leurs idées et leurs rêves. À travers son parcours, ses films et les nombreuses rencontres qu’il a suscitées, il a touché des milliers de personnes et contribué à éveiller en elles le désir de chercher, de comprendre et de donner davantage de sens à leur existence.

En 2015, En Quête de Sens a ouvert un chemin. Ce film, né d’un voyage à la rencontre d’autres façons de voir le monde, nous invite à questionner nos certitudes, nos modes de vie et notre rapport au vivant. Mais Marc ne s’est pas arrêté à la réalisation d’un film : il a poursuivi cette quête à travers les rencontres, les échanges et les réflexions partagées, avec une énergie, une liberté et une humanité qui ont profondément marqué celles et ceux qui l’ont rencontré.

Deux ciné-débats pour lui rendre hommage

Marc était un ami de notre école de philosophie Nouvelle Acropole. Il avait soutenu notre démarche et contribué, à sa manière, à faire vivre les questions qui nous rassemblent : comment mieux nous connaître ? Comment transformer notre regard sur le monde ? Comment mettre nos idées en pratique pour vivre de façon plus juste et plus consciente ?

Il nous appartenait donc de lui rendre hommage à notre tour, en continuant à faire vivre son œuvre et à partager les réflexions qu’il nous a transmises.

Nous avons organisé deux ciné-débats autour de ses films : En Quête de Sens et EGO NOT BAD. Une trentaine de personnes se sont réunies pour découvrir ou redécouvrir ces œuvres, prolonger leurs questionnements et échanger autour des idées qu’elles font émerger.

Au-delà des projections, ces soirées ont été l’occasion de nous retrouver autour de ce qui animait Marc : le désir de questionner nos habitudes, de dépasser nos conditionnements et d’explorer d’autres manières d’habiter le monde.

Avec En Quête de Sens, nous avons repris le fil de cette recherche essentielle : qu’est-ce qui donne véritablement du sens à nos vies ?

Avec EGO NOT BAD, nous avons poursuivi la réflexion autour de notre rapport à l’ego, à notre identité et à la possibilité de nous transformer.

Faire vivre un héritage

Rendre hommage à Marc, ce n’est pas seulement se souvenir de l’homme qu’il était. C’est aussi continuer à regarder ses films, à partager ses idées et à faire résonner les questions qu’il a semées sur notre chemin.

Son œuvre nous rappelle que la quête de sens ne se limite pas à une réflexion intellectuelle : elle nous engage à interroger notre manière de vivre, nos choix et notre relation aux autres et au monde.

Marc a soutenu notre école de philosophie. Aujourd’hui, à notre tour, nous souhaitons soutenir et prolonger ce qu’il a contribué à faire naître : une envie de chercher, de dialoguer et de vivre plus consciemment.

Merci, Marc, pour ce chemin ouvert, pour ces rencontres et pour cette invitation à ne jamais cesser de questionner notre façon d’être au monde.

Que tes films continuent de voyager, que tes idées poursuivent leur chemin et que les graines semées en chacun puissent continuer à grandir.

[Conf Fernand Schwartz] Ulysse, un héros en quête de lui-même

Le 9 octobre dernier, à Nouvelle Acropole Paris 11, une quarantaine de personnes se sont réunies pour écouter Fernand Schwarz nous inviter à redécouvrir l’un des grands récits fondateurs de notre civilisation : L’Odyssée d’Homère.

On croit connaître Ulysse : le héros rusé, le vainqueur de Troie, l’homme qui cherche à retrouver Ithaque et les siens. Mais que nous révèle véritablement son voyage lorsque nous regardons au-delà de la légende ?

Un voyage au cœur de la condition humaine

En replaçant Ulysse dans le monde brutal de l’âge du Bronze, Fernand Schwarz nous a proposé de parcourir autrement son histoire. De la guerre de Troie à ses dix années d’errance, le héros traverse bien plus qu’une succession d’épreuves : il entreprend un véritable parcours initiatique.

Au fil de son voyage, Ulysse découvre les limites de la force, le prix de la victoire, la tentation de l’immortalité et la nécessité de renoncer parfois au contrôle pour retrouver son chemin.

Son aventure nous confronte à des questions qui dépassent largement le monde antique. Que faire de la violence ? Comment affronter les épreuves et accepter les limites de notre condition ? Qu’est-ce que la liberté lorsque le destin semble nous échapper ? Et que signifie véritablement rentrer chez soi ?

Retrouver Ithaque, retrouver l’essentiel

L’Odyssée n’est pas seulement le récit d’un retour géographique. Elle raconte aussi la lente transformation d’un homme confronté à lui-même, à ses désirs, à ses erreurs et à ses propres limites.

Ithaque représente alors bien davantage qu’une destination : elle incarne ce vers quoi Ulysse tend, ce qui donne une direction à son voyage malgré les détours, les tentations et les obstacles.

À travers cette lecture philosophique, le récit d’Homère fait écho à nos propres existences. Nous aussi, nous pouvons nous perdre dans les combats, les ambitions ou les illusions de maîtrise. Nous aussi, nous avons à discerner ce qui mérite d’être poursuivi et ce qui nous éloigne de l’essentiel.

Cette conférence nous rappelle ainsi la puissance des grands mythes : loin d’être de simples histoires du passé, ils nous offrent des clés pour interroger notre présent et éclairer notre propre chemin.

Merci à Fernand Schwarz et à toutes les personnes présentes pour ce temps de réflexion et de partage autour d’un récit qui, depuis des siècles, continue de nous parler de liberté, de mémoire et de la quête de soi.