Conférence : les Écoles des Cathédrales, quel héritage pour demain ?

Le 28 janvier il y avait une conférence à Nouvelle Acropole Paris 11, autour d’un thème rare : réconcilier l’héritage français avec l’universel. Nous étions une quarantaine, réunis moins pour recevoir un savoir que pour rouvrir une question.

La conférence prenait appui sur les écoles des cathédrales comme matrices de pensée. On y rappelait qu’elles furent bien plus que des lieux d’apprentissage technique ou théologique. Elles formaient des êtres entiers, où la maîtrise du geste allait de pair avec une exigence intérieure. Apprendre, alors, signifiait à la fois savoir faire et savoir être.

Ce détour par le Moyen Âge n’avait rien de nostalgique. Il servait à éclairer notre présent. À l’heure où la technicité progresse plus vite que le sens, où l’efficacité tend à remplacer la compréhension, la question posée était simple et profonde : que transmettons-nous vraiment lorsque nous formons sans relier ?

Ce qui a marquée, c’est cette idée d’une éducation intégrale, capable de réconcilier les mains et l’esprit, l’enracinement et l’ouverture, le particulier et l’universel.

Traverser pour se retrouver, le Bardo Thodol


Vendredi 12 décembre 2025 : Une plongée fascinante dans le Livre tibétain des morts à l’Espace Monméjean !

Un exposé captivant sur le Bardo Thödol Vendredi 12 décembre, à la veille de la Toussaint, l’Espace Monméjean – ce lieu dédié aux conférences et débats philosophiques – a accueilli un exposé passionnant sur l’un des textes les plus mystérieux du bouddhisme tibétain : le Livre tibétain des morts, ou Bardo Thödol.

Qu’est-ce que le Bardo Thödol ? Ce texte sacré, composé au VIIIᵉ siècle par le maître spirituel Padmasambhava, décrit les étapes que traverse la conscience humaine entre la mort et la réincarnation. Écrit dans un langage allégorique et poétique, il guide les défunts à travers les trois Bardos (états intermédiaires) qui s’étendent sur 49 jours terrestres.

Les trois Bardos : un voyage vers la libération

  • Le Bardo de la mort : Le moment où la conscience quitte le corps.
  • Le Bardo de la réalité absolue : Une rencontre avec des visions lumineuses et des divinités, où la conscience peut atteindre l’éveil.
  • Le Bardo de la réincarnation : Le choix d’une nouvelle existence, influencé par les karmas accumulés.

Une vigilance extrême pour échapper au cycle des réincarnations Le Bardo Thödol enseigne que ces états demandent une préparation spirituelle de son vivant. Sans elle, la conscience risque de retomber dans les mêmes schémas karmiques, perpétuant le cycle des renaissances. L’objectif ultime ? Atteindre le Nirvana, un état de libération totale où la conscience ne se réincarne plus.

Pourquoi cet exposé résonne-t-il si fort ? À l’approche de la Toussaint, période de réflexion sur la mort et l’au-delà, ce texte millénaire offre une perspective profonde et universelle sur le passage de la vie à la mort, et sur la possibilité d’une libération spirituelle.

Et vous, comment imaginez-vous le voyage de la conscience après la mort ? Partagez vos réflexions en commentaire !

La sagesse de l’Orient est un trésor de l’Humanité, nous vous invitons à le suivre dans le cycle Orient Terre de sagesses.

Atelier philo : Croire ou savoir ? dépasser la pensée unique

Vendredi 30 janvier, ils étaient 25 participants réunis pour explorer une question essentielle : Croire ou savoir ?

Loin d’un format descendant, la soirée s’est construite comme une expérience collective, rythmée par des temps de réflexion personnelle, des échanges en petits groupes et des jeux philosophiques.

À partir des quatre quadrants de la connaissance développés par Luc Bigé, chacun a été invité à questionner ses manières habituelles de penser et de comprendre le monde.

Les participants ont confronté leurs certitudes, déconstruit des évidences et expérimenté différentes lectures — analytique, systémique, symbolique et opérative — d’un même objet.

Les discussions, riches et parfois surprenantes, ont permis à chacun de devenir acteur de sa propre réflexion, plutôt que simple auditeur.

La soirée s’est conclue par un tour de parole où chacun a pu partager ce avec quoi il repartait, prolongeant ainsi la réflexion bien au-delà du cadre théorique.

Un moment dense, vivant et profondément interactif, fidèle à l’esprit de la philosophie comme chemin d’expérience et de transformation.

Les 3 visages de la conscience – Conférence de Bertrand Vergely

Lors de cette conférence, nous avons exploré l’extraordinaire réalité de la conscience humaine. Trop souvent, nous la tenons pour acquise. Pourtant, elle constitue l’une des expériences les plus profondes, les plus mystérieuses et les plus transformatrices dont l’être humain dispose.

1. La conscience : un phénomène extraordinaire

Cinq grands sages, de Pascal à Descartes en passant par Saint-Augustin, nous montrent que la conscience dépasse de loin la simple activité mentale.

Elle est ce qui permet à l’univers d’être perçu, compris, interrogé.

Sans conscience, le monde existerait peut-être matériellement, mais sans signification.

Comme le disait Pascal :

« Par l’espace, l’univers me comprend ; par la pensée, c’est moi qui le comprends. »

Notre conscience est plus vaste que l’immensité cosmique qu’elle embrasse.

2. La conscience comme clé de l’humanité

Socrate l’avait compris : être humain, c’est être présent à ce que l’on vit.

La conscience permet :

•  d’interroger nos actes,

•  de distinguer le juste de l’injuste,

•  d’éviter l’illusion et le mensonge,

•  de comprendre notre place dans le monde.

Toutes les grandes traditions spirituelles – du Bouddha aux prophètes d’Israël – ont appelé l’être humain à cette présence intérieure, à cette capacité de se connaître soi-même.

3. La conscience comme moteur de connaissance

C’est la conscience qui a rendu possible la naissance de la science moderne :

l’alliance du sens de l’infini et de notre capacité à critiquer et élargir notre propre vision.

Être conscient, c’est relativiser, relier, mettre en perspective.

C’est comprendre que chaque élément prend sens dans un ensemble plus vaste.

4. L’expérience intérieure : source de transformation

Toutes les sagesses invitent à revenir à soi pour faire l’expérience directe de la conscience vivante.

Cette expérience peut être fulgurante, parfois transformante : une sensation de plénitude, d’unité, de connexion à la vie.

Nombreux sont ceux qui, après une telle expérience, parlent d’un « avant » et d’un « après ».

5 La conscience comme véritable réalité

Descartes le disait : pour penser le néant, la folie ou l’illusion, il faut bien quelqu’un qui pense.

La conscience est donc plus fondamentale que la matière elle-même.

Elle est notre véritable source, notre véritable « origine ».